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Abdoualye Diouf Sarr.

Les griefs du Syndicat national des travailleurs de la santé (Syntras) contre les autorités sont nombreux. Les membres de cette organisation ont fustigé, hier en conférence de presse, l’attitude du gouvernement qui n’a pas tenu ses promesses. Le Secrétaire général du Syntras soutient que la politique de l’Etat est de faire oublier «ses promesses, ses obligations, ses engagements vis-à-vis des travailleurs». D’après Souleymane Joseph Mané, «l’Etat n’a toujours pas payé le fonds de motivation des agents de santé pour les deux derniers trimestres de l’année 2018, la rémunération des contractuels du ministère de la Santé pour le mois de décembre n’est toujours pas disponible, les recrutements des agents de santé pour l’année 2018 ne sont pas effectifs». La colère des syndicalistes est accentuée par le non-respect «des protocoles d’accords signés en 2010 et en 2014 avec la Fédé santé». A en croire le Secrétaire général du Syntras, le gouvernement s’était engagé «à proposer un système de rémunération plus attrayant qui corrigerait les inégalités et les disparités de traitement des agents de l’Etat», mais, regrette-t-il, «l’Etat a encore failli à son devoir, il n’a pas respecté ses engagements vis-à-vis des travailleurs du secteur public». Autre engagement non tenu, c’est celui de «faciliter l’acquisition de logements sociaux aux coopératives d’habitat par la mise à disposition de parcelles dans des zones d’aménagement concertées». Il en est de même, d’après les syndicalistes, pour «les années de contractualisation pour les contractuels du ministère de la Santé et de l’action sociale recrutés dans la fonction publique». M. Mané a par la même occasion dénoncé le fait que le relèvement du niveau de recrutement au Bac à l’Ecole nationale de développement sanitaire et social (Endss) ne soit toujours pas évalué. D’après le Secrétaire général du Syntras, c’est une aberration de voir des formateurs de cette école ayant un niveau Bac plus 2 alors que les étudiants qui y sont formés ont Bac plus 3. La logique, selon lui, c’est de relever le niveau des formateurs de cette école. La question de la dette due aux structures de santé à cause de la politique de gratuité a aussi été soulevée. Pour le Secrétaire général du Syntras, il faudra revoir cette politique parce que la Cmu a plombé le système. Selon lui, en partant de l’hypothèse la plus basse, l’Etat doit aux structures sanitaires 35 milliards de F Cfa.
Très remonté contre le ministre de la Santé et de l’action sociale, le Secrétaire général du Syntras accuse Abdoulaye Diouf Sarr d’être à l’origine de tous les maux dont souffre le système de santé. D’après lui, «un secteur ne peut pas fonctionner avec un homme qui se croit omnipotent, omniscient, qui ne discute pas et ne dialogue pas». «Il n’y a pas de négociation, la gestion des ressources humaines se fait selon les humeurs du ministre. Il procède à des affectations et mutations comme il veut. Tant qu’il sera dans ce département, ça ne marchera pas», a-t-il attaqué. Appelant le gouvernement à régler toutes ces questions, le Syntras, selon son Secrétaire général, va se réunir en mi-mars «pour évaluer, prendre des mesures et discuter avec les autres syndicats qui sont en train de s’activer pour la même cause». D’après Souleymane Joseph Mané, s’il faut qu’ils descendent «toutes les semaines dans la rue comme les gilets jaunes en France» pour être entendus, ils le feront.
dkane@lequotidien.sn

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