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L’Organisation mondiale de la santé (Oms) estime à 40 millions le nombre de personnes ayant besoin de soins palliatifs dans le monde. Dans un document, l’Oms renseigne que «78% d’entre elles vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire». «Pour les enfants, 98% qui sont dans ce cas habitent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire et près de la moitié d’entre eux sont en Afrique», a-t-on fait savoir dans le document. L’Oms rappelle que «les soins palliatifs améliorent la qualité de vie des patients et de leur famille confrontés aux problèmes associés à des maladies potentiellement mortelles, qu’ils soient d’ordre physique, psychosocial ou spirituel». Constatant ainsi que les besoins en soins palliatifs ne sont pas satisfaits, les auteurs de ce document estiment qu’un certain nombre «d’obstacles importants doivent être levés pour répondre» à ces besoins. D’après cette organisation, les politiques et systèmes nationaux de santé incluent rarement les soins palliatifs. Sur ce point, l’Oms souligne que «la formation des professionnels de santé aux soins palliatifs est souvent limitée ou inexistante». Il en est de même de «l’accès de la population au soulagement de la douleur par les opioïdes» qui est insuffisant et «pas conforme aux conventions internationales sur l’accès aux médicaments essentiels». Dans la même veine, l’Oms renseigne qu’une «étude de 2011 portant sur 234 pays, territoires et zones a constaté que les services de soins palliatifs n’étaient bien intégrés que dans 20 pays, alors que 42% des pays n’en avaient pas du tout et 32% avaient seulement des services isolés». Poursuivant leurs explications, les auteurs de ce document rappellent qu’en «2010, l’organe international de contrôle des stupéfiants a observé que le niveau de consommation des analgésiques opioïdes était «insuffisant» ou «très insuffisant» dans plus de 121 pays pour satisfaire les besoins médicaux de base». A ces obstacles, on ajoute la «méconnaissance des responsables politiques, des professionnels de santé et du grand public de ce que sont les soins palliatifs et des avantages qu’ils peuvent apporter aux patients et aux systèmes de santé». On attire aussi l’attention sur les «obstacles culturels et sociaux (comme les croyances sur la mort et la façon de mourir), les idées erronées sur les soins palliatifs (par exemple qu’ils sont réservés aux malades qui ont un cancer ou aux dernières semaines de la vie), et idées fausses selon lesquelles un accès plus facile aux analgésiques opioïdes entraînera une augmentation de la consommation abusive de ces produits».
Partant de ce constat, l’Oms recommande aux systèmes de santé nationaux «d’inclure les soins palliatifs dans la continuité des soins dispensés aux personnes atteintes d’affections chroniques potentiellement mortelles, en les associant aux programmes de prévention, de détection précoce et de traitement». Pour l’organisation mondiale de la santé, ceci suppose la mise en œuvre de «politiques intégrant les services de soins palliatifs dans la structure et le financement des systèmes de santé nationaux à tous les niveaux, des politiques pour renforcer et développer les ressources humaines, avec la formation des professionnels de santé en exercice, l’intégration des soins palliatifs dans les programmes de base destinés à la formation de tous les nouveaux professionnels de santé, ainsi qu’une action éducative auprès des bénévoles et du grand public». Il est aussi préconisé «une politique pharmaceutique garantissant la disponibilité des médicaments essentiels pour la prise en charge des symptômes, notamment les analgésiques opioïdes pour le soulagement de la douleur et de la détresse respiratoire».
dkane@lequotidien.sn

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