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Les pays membres de l’Oms (Organisation mondiale de la santé) œuvrent à mettre en place une commission interministérielle pour faciliter l’accès aux médicaments essentiels de base aux pays africains. Ces derniers portent de lourds fardeaux de maladies et continuent de dépendre des produits pharmaceutiques pour répondre à leurs besoins en santé publique.

L’accès aux médicaments essentiels de base est très faible chez les populations d’Afrique subsaharienne. Selon l’Or­ganisation mondiale de la santé (Oms) et la Banque mondiale, une femme enceinte dans cette région a 100 fois plus de risques de mourir en couche qu’en Europe. Aussi, 400 millions de personnes n’ont pas accès eux services de santé essentiels alors que 28 millions de personnes vont mourir de maladies chroniques au cours des 10 prochaines années dans le monde. Pourtant, de tels risques de décès seraient évitables si des mesures appropriées étaient mises en œuvre pour garantir l’accès aux médicaments essentiels, d’après les participants à l’atelier régional sur le thème : «L’Accord  de Bangui, l’accès aux médicaments  et le transfert  de technologie en faveur de la production locale de médicaments.»
Pour faciliter l’accès aux médicaments essentiels de base, les acteurs entendent créer une commission interministérielle dédiée à l’accès aux médicaments et à la promotion de l’innovation pharmaceutique dans chaque pays membre de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi). Cette organisation sera un moyen concret pour contribuer à la réalisation de l’objectif de traitement 90-90-90 à titre d’exemple. «Elle constituerait un organe durable qui permettrait d’améliorer la communication entre ministères concernés, rendrait plus efficaces les prises de décisions, les orientations politiques et les stratégies nationales en matière de santé publique. La cohérence et la stratégie, qui en résulteront, faciliteront la mise en place des projets de production locale de médicaments, l’assistance technique en matière d’utilisation des flexibilités de l’Accord sur l’aspect des droits des propriétés intellectuelles qui touchent le commerce (Adpic), la collaboration avec les experts et les partenaires financiers», souligné Aboucacryne Sarr, pharmacien et conseiller technique en charge de la pharmacie et de la lutte contre les faux médicaments au ministère de la Santé et de l’action sociale.
Pour Aly Ngouille Ndiaye, ministre des Mines et de l’industrie, «il est impensable qu’en 2017, des Africains meurent tout simplement parce que n’ayant pas accès aux médicaments du fait d’un coût inaccessible et d’une surprotection dans ce milieu hautement dépendant de la recherche». «Des techniques de contournement sont également utilisées pour allonger de façon anormalement longue, la durée des brevets des médicaments en les protégeant de l’épuisement de la validité desdits brevets par une marque infiniment renouvelable. Des stratégies par ailleurs initiées pour faire accepter que nos brevets sont de mauvaise qualité sous le prétexte que lesdits brevets protègent les inventions que d’aucuns qualifient d’informelles parce qu’elles n’incorporent pas des connaissances scientifiques et techniques de haut niveau ou parce que les revendications sont trop vagues à telle enseigne qu’elles créent des monopoles exorbitants couvrant de vastes domaines technologiques», dénonce le ministre.
ksonko@lequotidien.sn

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