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La prise en charge de la fistule pourrait bénéficier d’une ligne budgétaire. Le directeur de Cabinet du ministère de la Santé et de l’action sociale, Dr Aloyse Diouf, s’est dit favorable à l’inscription d’une ligne budgétaire. Il a annoncé que cette prise en charge sera très prochainement mise à l’étude.

Le directeur de Cabinet du ministre de la Santé et de l’action sociale a annoncé l’inscription d’une ligne budgétaire pour la prise en charge de la fistule. Dr Aloyse Diouf, qui réagissait aux recommandations du panel sur le financement de la prise en charge obstétricale, a indiqué que cette inscription sera très prochainement étudiée pour le grand bonheur des patientes. Une déclaration qui coïncide avec la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, ce 23 mai, organisée par la direction de la Mère et de l’enfant. Dr Aloyse Diouf a réaffirmé l’engagement du gouvernement à éliminer la fistule obstétricale d’ici 2030, comme l’ambitionne la stratégie nationale en la matière. «La lutte contre la fistule matérialise la volonté politique du gouvernement d’assurer l’accès universel au service de santé de la mère et de l’enfant de qualité», a-t- il rappelé.

En 6 ans, 798 femmes ont été soignées de la fistule
Cécile Compaoré Zoungrana, représentante-résidente de l’Unfpa, a salué le partenariat avec le ministère de la Santé pour la prise en charge médicale des cas de fistule, le ministère de la Femme en charge du volet réinsertion sociale et les Ong pour l’identification et le soutien social des femmes victimes : «Grâce à cette collaboration fructueuse, de 2012 à 2017, au Sénégal, 798 femmes ont retrouvé leur dignité et une nouvelle vie.» Elle s’est également félicitée de la disponibilité de personnel qualifié pour réparer les fistules obstétricales dans plusieurs régions : Tambacounda, Kolda, Kédougou, Ziguinchor, Matam, zones de forte prévalence. La représentante de l’Unfpa a également insisté sur la nécessité de relever le défi du financement du Plan stratégique de lutte contre la fistule : «Nous devons explorer toutes les sources de financement domestiques qui permettront aux femmes de bénéficier d’une prise en charge gratuite de manière pérenne.»
Quant à l‘hôpital général de Grand-Yoff (Hoggy), pour la 3ème fois consécutive, il a accueilli les activités marquant cette journée placée sous le thème «Ne laissons personne à côté : engageons-nous à éliminer la fistule maintenant !» Auparavant, 15 femmes victimes de fistule ont retrouvé le sourire. Elles ont reçu des kits de dignité des mains du Dr Aloyse Diouf, de la représentante-résidente de l’Unfpa, de la directrice de l’Hoggy, du chef du Service urologie de l’Hoggy. Elles ont bénéficié d’une opération chirurgicale gratuite grâce à l’appui de l’Unfpa.
La fistule est une affection traumatisante et stigmatisant. Elle résulte d’un accouchement difficile et entraîne souvent une perte incontrôlée d’urines chez la femme et son rejet par sa famille. Elle met en péril la santé, les espoirs et la dignité de plus de deux millions de femmes dans le monde. Chaque année, 50 à 100 mille femmes développent la fistule. Au Sénégal, on estime à 400 le nombre de nouveaux cas annuels. Mais l’absence de statistiques fiables ne permet pas d’appréhender réellement la situation.
La fistule touche principalement les adolescentes et les femmes les plus vulnérables, les plus pauvres de la société, et/ou vivant dans les zones enclavées, loin de tout service médical. Sa survenue est favorisée par les inégalités de genres, la pauvreté, le mariage précoce, le faible accès ou l’utilisation tardive des services de santé sexuelle et reproductive de qualité. Le coût du traitement chirurgical est estimé à 200 mille F Cfa et reste hors de portée pour la majorité des victimes.
ndieng@lequotidie.sn

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