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Favoriser la mise en place de filières gérontologues partout au Sénégal. C’est le plaidoyer fait par le professeur Mamadou Koumé, qui estime que le pays est arrivé «à une transition épidémiologique» avec l’émergence de maladies chroniques liées à la vieillesse.

«Le défi du vieillissement est réel», c’est l’avis du professeur Mamadou Koumé, gérontologue parlant de la prise en charge médicale du sujet âgé au Sénégal. «Nous sommes arrivés à une transition épidémiologique», indique-t-il, c’est-à-dire l’émergence de maladies chroniques liées à la vieillesse. Une situation qui implique une perte d’autonomie chez la personne âgée qui se traduit par une incapacité à se gouverner soi-même et nécessite une prise en charge spéciale. Or, dans le système de santé classique de notre pays, il n’y a pas de place pour cette prise en charge. «Le sujet âgé est laissé à l’inexpérience de la famille», regrette Professeur Mamadou Koumé en marge d’une cérémonie de remise d’attestation de formation d’assistant de soins en gérontologie et soins palliatifs. Il lance un appel à l’Etat pour l’instauration de filières gérontologues partout à travers le Sénégal.
Heureusement que Dr Bou­bacar Poulho Sow, Directeur général de Maadji, une société de services pour personnes âgées, est en train de relever le défi. Il propose aux sujets âgés des soins à domicile avec comme objectif le maintien du sujet âgé en bonne santé, mais aussi il propose des soins palliatifs pour accompagner ces personnes en fin de vie. Dr Sow attire l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité de la prise en charge de la personne âgée. Pour lui, le Sénégal va très rapidement assister au vieillissement de sa population et l’Etat doit anticiper pour créer des soins adaptés.
A son niveau, pour mieux prendre en charge cette cible spéciale, Dr Sow a formé 13 personnes avec des profils différents. Des aides-infirmiers, des aides-soignants ou tout simplement des étudiants. «Ils ont été formés et sont devenus des assistants de soins en gérontologie et soins palliatifs», note-t-il. «Ils vont aider les personnes âgées dépendantes et les personnes en fin de vie. Des soins qui reposent sur l’attention car souvent le sujet âgés n’a pas forcément besoin de soins médicaux mais plus d’attention», indique Dr Boubacar Poulho Sow.
Pour autant dans sa clinique, la cardiopathie constitue le premier motif de consultation après les maladies du poumon, le cancer ou la prostate. Aussi relève-t-il, en soins palliatifs, les 50% concernent les cardiopathies. Dr Sow est pionnier dans le domaine de la gérontologie, puisque depuis 18 ans, il dispense des soins dans ce domaine.
ndieng@lequotidien.sn

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