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Dans le cadre de l’année sociale décrétée par le chef de l’Etat Macky Sall, l’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal (Ansfes) offre dans toutes ses antennes régionales aux femmes et aux enfants des services de santé de la mère et de l’enfant. Une occasion pour cette association de demander à l’Etat de recruter et de former davantage de sages-femmes pour l’atteinte de ses objectifs de développement durable qu’il a ratifiés.

Le recrutement et la formation des sages-femmes du Sénégal : C’est le cri du cœur que l’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal (Ansfes) qui organisait à Thiès un concept dénommé «48h de l’Ansfes», mis en place pour contribuer au succès de l’année sociale décrétée par le chef de l’Etat. Selon Mounina Wade Fall, les sages-femmes du Sénégal ont besoin d’être formées pour manier l’appareil de cryothérapie qui sert à soigner les lésions précancéreuses. «Il y a peu de sages-femmes qui sont formées en ce sens. Et l’utilisation de cet appareil est en train de donner des résultats satisfaisants parce que de moins en moins on reçoit des malades atteints du cancer. Il faut donc une bonne formation pour nous permettre de sauver des vies, mais également de doter tous les districts et les hôpitaux d’appareils de cryothérapie», plaide la présidente régionale des sages-femmes de Thiès, en marge des «48h de l’Ansfes» dans le cadre de la campagne «Octobre rose». Elle insistera surtout sur le recrutement de ses collègues. «Nous y tenons parce que nous sommes en nombre insuffisant pour pouvoir prendre en charge les lésions précancéreuses, de même que l’ensemble de la santé de la reproduction de manière globale», plaide-t-elle. Pendant ce temps, dénonce la présidente de l’Ansfes, Mme Bigué Ba Mbodji, «des milliers de sages-femmes sont en chômage alors que nous en avons besoin parce qu’il y a beaucoup de postes de santé où on n’a pas de sage-femme, alors qu’il y a beaucoup de femmes qui accouchent sans l’assistance d’un personnel qualifié. C’est un paradoxe». Elle alerte : «Ce serait une utopie de penser atteindre les objectifs de développement durable que le Sénégal a ratifiés s’il n’y a pas ce capital humain en termes de personnels qualifiés que ce sont les sages-femmes.» Mme Mbodji explique : «L’Organisation mondiale de la santé nous dit : ‘’une sage-femme c’est pour 300 femmes en âge de reproduction’’ et au Sénégal c’est une sage-femme pour 3 000. Cela veut dire que le déficit est énorme.» Alors que «la sage-femme est un élément important dans l’échiquier sanitaire, de même que dans les objectifs que nous nous sommes fixés notamment dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). Et le Sénégal n’a pas atteint les Omd 4 et 5 parce qu’il fallait qu’il y ait des personnels qualifiés qui puissent être partout où il y a besoin» ; d’où son plaidoyer à l’endroit du chef de l’Etat pour qu’il puisse continuer à recruter des sages-femmes. «Les femmes sont partout où les nouveau-nés naissent, ils ont donc besoin des services de qualité», notera-t-elle. «La mère ou le nouveau-né qui est à Fongolimbi a les mêmes droits et doit avoir les mêmes chances de pouvoir survivre. C’est pourquoi nous voulons que dans chaque poste de santé au niveau du Sénégal qu’on puisse trouver au moins une sage-femme pour apporter des services de qualité et d’accompagner les familles et les communautés pour que demain que nous puissions avoir un capital humain qui soit de qualité», dit-elle.
Revenant sur le concept «les 48h de l’Ansfes», la présidente de cette association, Mme Bigué Ba Mbodji, signale que «cette année nous avons voulu apporter notre contribution à l’année sociale qui a été décrétée par le président de la République Macky Sall, comme nous travaillons aussi bien dans les structures de santé que dans les communautés. C’est pourquoi nous avons mis en place ce concept où chaque antenne de région offrira gracieusement durant 48h aux femmes et aux enfants des services de santé de la mère et de l’enfant». L’objectif cette année, selon Mme Mbodji, «c’est de dépister et de donner des services de planification familiale, mais également des services de soins de l’enfant et des soins néonataux à 10 mille personnes». Elle termine par remercier l’antenne de Thiès qui a bien voulu prendre les 10% de cet objectif. «Elles se sont fixées comme objectif de faire des activités en prenant prétexte de l’Octobre rose, qui est un mois dédié à la lutte contre les cancers génitaux, pour dépister 1 000 femmes, mais également de leur offrir, pour celles qui en ont besoin, des services de planification familiale et de manière générale tous les services de santé de la mère et de l’enfant».

nfniang@lequotidien.sn

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