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La méconnaissance et l’incompréhension suscitées par la démence engendrent une stigmatisation et des obstacles au diagnostic et aux soins. Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (Oms), qui considère cette maladie comme une priorité de santé publique, recommande dans un plan d’actions de «mettre en place des initiatives visant à améliorer la manière dont la démence est perçue» et de réduire le risque de démence.

L’Organisation mondiale de la santé (Oms) alerte sur la méconnaissance et l’incompréhension que suscite la démence. Selon cette organisation, cette situation «engendre une stigmatisation et des obstacles au diagnostic et aux soins». L’Oms, qui informe que «la démence est l’une des causes principales de handicap et de dépendance par­mi les personnes âgées dans le monde», soutient qu’elle est «particulièrement éprouvante non seulement pour les malades, mais aussi pour les soignants et les familles». «La maladie a des conséquences qui peuvent être physiques, psychologiques, so­cia­les ou économiques pour les soignants, les familles et les sociétés», a-elle fait savoir. Listant les formes communes de démence, l’Oms souligne dans un document qu’il «existe de nombreuses formes de démence». «La maladie d’Alzheimer est la forme la plus commune et serait à l’origine de 60-70% des cas. Les autres formes répandues sont notamment la démence vasculaire, la démence à corps de Lewy (accumulation anormale de protéines qui se développent à l’intérieur des cellules nerveuses), et la démence fronto-temporale (dégénérescence des lobes frontaux du cerveau) conséquence de plusieurs maladies. Les frontières entre les différentes formes de démence ne sont pas nettes et les formes mixtes sont fréquentes», a-t-on expliqué. S’agissant des personnes souffrant de cette maladie, les auteurs du document renseignent que «la dé­mence touche dans le monde 50 millions de personnes, dont près de 60% vivent dans un pays à revenu faible ou intermédiaire». «Chaque année, on dénombre près de 10 millions de nouveaux cas. On estime dans l’ensemble de la population qu’entre 5 et 8%, des personnes âgées de 60 ans et plus, sont atteints de démence à un moment donné. Le nombre total de personnes atteintes de démence devrait atteindre 82 millions en 2030 et 152 millions d’ici 2050», a-t-on ajouté. Cette hausse, selon l’Oms, «est en grande partie due à l’augmentation du nombre de cas de démence dans les pays à revenu faible ou intermédiaire».

50 millions de personnes dans le monde touchées par la démence
Soulignant qu’à «l’heure ac­tuelle, il n’existe pas de traitement qui permette de guérir de la démence ou d’en modifier l’évolution», l’Oms précise cependant qu’il est «possible de faire beaucoup d’efforts pour soutenir les personnes atteintes de dé­mence et améliorer leur vie». Ainsi, il est recommandé pour la prise en charge de la démence, «le diagnostic précoce, afin de favoriser une prise en charge rapide et optimale, l’optimisation de la santé physique, de la cognition, de l’activité et du bien-être». Il est aussi préconisé «le dépistage et le traitement des maladies physiques concomitantes, la détection et le traitement des symptômes comportementaux et psychologiques difficiles». Soulignant que bien que l’âge soit le plus grand facteur de risque connu, les experts de cette organisation précisent que «la démence n’est pas pour autant une conséquence inéluctable du vieillissement». «Du reste, elle ne touche pas exclusivement les personnes âgées, puisque la démence d’apparition précoce (définie comme l’apparition des symptômes avant l’âge de 65 ans) représente jusqu’à 9% des cas», a-t-on fait savoir. De même, il est précisé que «des études ont montré qu’il existait un lien entre l’apparition de troubles cognitifs et des facteurs de risque liés au mode de vie qui sont communs avec d’autres maladies non transmissibles, comme la sédentarité, l’obésité, une mauvaise alimentation, le tabagisme et l’usage nocif de l’alcool, ainsi que le diabète sucré et l’hypertension à partir de la quarantaine».
L’Oms, qui considère la démence comme une priorité de santé publique, a approuvé en 2017, un Plan mondial d’action contre la démence 2017-2025. «Ce plan propose un schéma directeur complet de l’action à mener à l’intention des responsables de l’élaboration des politiques, des partenaires nationaux, régionaux et internationaux et de l’Oms, dans les domaines suivants : mieux faire connaître la démence et mettre en place des initiatives visant à améliorer la manière dont la démence est perçue, réduire le risque de démence, le diagnostic, le traitement et la prise en charge de la maladie, la recherche et l’innovation (…)», a-t-on déclaré.
dkane@lequotidien.sn

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