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Les chefs d’État africains ont approuvé un nouvel outil pour mesurer les progrès dans la lutte contre les Maladies tropicales négligées (Mtn). L’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (Alma) réaffirme ainsi son engagement pour l’équité en matière de santé. C’était lors du sommet des chefs d’Etat africains, membres de l’Union africaine (Ua), en Ethiopie.

Pour la première fois, le tableau de bord annuel «Redevabilité et action» de l’Alliance des dirigeants africains de lutte contre le paludisme (Alma) a révélé les progrès et les insuffisances au sujet de la lutte contre cinq maladies tropicales négligées qui affectent les populations les plus pauvres et marginalisées des pays concernés. Cela a été fait au 30ème Sommet des chefs d’Etat africains. L’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (Alma) vient ainsi d’ajouter les Maladies tropicales négligées (Mtn) à son tableau de bord annuel de suivi des progrès dans la lutte contre les maladies. «En 2016, le nombre de personnes bénéficiant d’un traitement pour au moins une Mtn a augmenté de 40 mil­lions par rapport à l’année précédente. Plus de la moitié de tous les pays concernés ont amélioré leur indice de couverture entre 2015 et 2016, un indice qui a doublé dans 12 pays. Si la plupart des données indiquent des progrès, le tableau de bord révèle aussi des aspects préoccupants. Près des deux tiers des pays ont un indice de couverture inférieur à 50%. Le pourcentage de pays qui mettent en œuvre des interventions spécifiques selon les maladies varie de 92% pour le trachome à seulement 72% pour la schistosomiase, ce qui montre qu’il reste encore beaucoup à faire», renseigne le communiqué.
Ainsi, en ajoutant les Mtn au tableau de bord, les chefs d’Etat africains s’engagent publiquement à rendre compte par rapport aux progrès dans la lutte contre ces maladies. «Mon gouvernement est déterminé à ce que le mot ‘’négligé’’ ne soit plus associé à ces maladies», a dit Hailemariam Des­salegn, Premier ministre éthiopien. «Améliorer la santé, l’éducation et la productivité de nos concitoyens les plus pauvres en éliminant les Mtn peut mettre l’Afrique sur la voie de la prospérité et de la Couverture santé universelle. J’appelle mes homologues, chefs d’Etat et de gouvernement, à consolider les progrès obtenus et à accroître leurs efforts pour lutter contre les Mtn, en faisant un thème de mobilisation et d’action concertées au sein de l’Union africaine», a insisté le Premier ministre éthiopien, rapporte le communiqué.
Le tableau de bord fait l’objet d’un examen par les chefs d’Etat africains eux-mêmes chaque an­née. Les Mtn rejoignent ainsi le paludisme et la santé maternelle et infantile en tant que principale priorité de santé pour le continent. Elaboré par l’Organisation mondiale de la santé, cet indice illustre les progrès des stratégies de traitement et de prévention des Mtn des 47 pays d’Afrique sub-saharienne concernés pour les cinq Mtn les plus courantes que sont la filariose lymphatique, l’onchocercose, la schistosomiase, les géohelminthiases et le trachome.

Une priorité de santé pour plus d’un milliard de personnes
Les Mtn sont un groupe de maladies qui affectent les populations les plus pauvres et vulnérables de la planète vivant souvent dans des zones reculées. Plus de 1,5 milliard de personnes risquent de contracter une Mtn dans le monde, dont 620 millions en Afrique, selon le communiqué. «Si les Mtn provoquent des centaines de milliers de décès chaque année, leur impact principal concerne les millions de personnes qui restent prisonnières du cercle vicieux de la pauvreté», lit-on dans le document. Ces maladies provoquent la cécité, défigurent et sont sources de handicap, de stigmatisation et de discrimination. Les parents ne sont plus en mesure de travailler et les enfants ne peuvent plus aller à l’école.
Heureusement, «les cinq maladies suivies dans le cadre du tableau de bord de l’Alma peuvent être traitées efficacement à l’aide de médicaments peu coûteux et sûrs, fournis à titre gratuit par les groupes pharmaceutiques et largement distribués dans le cadre de campagnes de traitement et de prévention. Grâce à une coalition public-privé mondiale, le nombre de personnes prises en charge pour les Mtn n’a jamais été aussi important et la population à risque de contracter ces maladies a baissé de 400 millions au cours des cinq dernières années», écrit le document.
Pour les chefs d’Etat africain, un bon taux de couverture pour les Mtn est aussi un moyen de promouvoir la couverture santé universelle. Les programmes Mtn ont formé plus d’un million de travailleurs de santé tout en amenant toute une gamme de services. «Des outils de planning familial à la supplémentation en vitamines aux habitants des zones reculées qui n’auraient sinon pas accès au système de santé», se réjouissent les acteurs de la lutte.

L’Afrique progresse, mais il reste encore beaucoup à faire
L’Alliance des dirigeants africains pour lutter contre le paludisme est une initiative novatrice, mise en place par les chefs d’Etat eux-mêmes et dont l’objectif est de favoriser la collaboration pour résoudre une crise qui touche l’ensemble du continent. Le tableau de bord de l’Alma donne des outils aux gouvernants pour s’attaquer aux maladies les plus dévastatrices d’Afrique en proposant un forum pour évaluer les progrès et lever les obstacles aux objectifs fixés pour la lutte contre le paludisme, en instituant un système de suivi et permettant de rendre compte par le biais du tableau de bord «Rede­vabilité et action» de l’Alma grâce auquel ils peuvent suivre les résultats, identifier les points de blocage et faciliter la mise en place des mesures requises entre autres actions
ndieng@lequotidien.sn

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