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La mortalité maternelle reste élevée en dépit des efforts. Le ratio est de 315 décès pour 100 mille naissances. Il est beaucoup plus élevé chez les mères adolescentes avec 629 décès pour 100 mille naissances. A travers la Surveillance des décès maternels et riposte, le ministère de la Santé et de l’action sociale s’est engagé à faire face à cette situation en impliquant tous les acteurs dans la riposte

Le ratio de mortalité maternelle reste encore élevé au Sénégal en dépit d’une légère baisse notée en 2015. Il est passé de 510 à 315 décès pour 100 mille naissances vivantes entre 1992 et 2015, selon les résultats de la Surveillance des décès maternels et riposte (Sdmr). Le Sénégal gagne ainsi en 23 ans 195 points. Les résultats présentés lors de la 1ère Conférence nationale multisectorielle sur la surveillance des décès maternels et riposte révèlent une autre réalité de la mortalité maternelle et des mères adolescentes qui est beaucoup plus élevée. Andréa Wojnar Diagne, représentante résidente de l’Unfpa/­Sénégal, souligne que cette frange de la population paie le plus lourd tribut avec 629 décès pour 100 mille naissances vivantes.
Le ministre de la Santé et de l’action sociale, venue présider la rencontre, trouve ces chiffres inacceptables. «Nous considérons que c’est trop», lâche-t-elle. Elle souhaite davantage d’efforts pour venir à bout de ce fléau. Awa Marie Coll Seck explique cette situation par la combinaison de plusieurs facteurs interpellant le système de santé relativement au taux de couverture en infrastructures et en personnel, mais également les divers aspects de notre société comme la faible autonomisation des femmes, les grossesses précoces et les déficits d’implication des hommes et le faible taux de planification familiale malgré, dit-elle, les avancées notées sur ce taux évalué à 21%. Ce qui fait dire à la représentante de l’Unf­pa qu’au Sénégal, ces décès sont évitables. «Cela doit passer par un accès universel aux services de santé sexuelle et une qualité dans les soins », relève-t-elle.
Le ministère de la Santé en est conscient, et c’est pourquoi il a mis en place une approche «pertinente» à travers la Surveillance des décès maternels et riposte. Une stratégie qui permet aux personnels médicaux et aux communautaires de collecter des informations sur les facteurs évitables qui contribuent à la mortalité maternelle au cours de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum. Et pour faire fonctionner cet outil, le ministre a demandé une plus grande implication du personnel de santé, des communautaires et de tous les acteurs. Ces personnes sont invitées à faire une autopsie verbale, c’est-à-dire donner des informations par exemple sur le décès d’une femme. Pourquoi une femme est décédée en accouchant, pourquoi un enfant est décédé juste après sa naissance etc. «Ces explications nous permettront de voir où sont les obstacles et peut-être de prendre les mesures nécessaires», soutient Awa Marie Coll Seck.
Cette première Conférence nationale multisectorielle sur la surveillance des décès maternels et riposte inaugure une nouvelle étape dans la lutte contre ce fléau. C’est un cadre pour sensibiliser le personnel de santé et les communautaires sur l’importance de cette approche. La rencontre a d’ailleurs enregistré la participation des médecins-chefs de région. Ils vont par la suite faire passer le message.
ndieng@lequotidien.sn

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