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Le temps d’une journée, les sages-femmes ont abandonné les salles de travail et d’accouchement et se sont mises sur leur trente et un pour célébrer la journée internationale qui leur est dédiée. Un moment d’introspection sur le métier de sage-femme, un moment de fête, mais aussi de partage de bonnes pratiques et de rappel des défis qui les attendent.

L’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal (Ansfes) a célébré ce vendredi la Journée internationale des sages-femmes. Un moment fort pour magnifier le travail ô combien important de ces milliers de sages-femmes qui  accompagnent la vie de chaque femme, chaque enfant et chaque adolescente. «Chaque jour, chaque heure, chaque minute, les sages-femmes sauvent des vies en toute circonstance dans des conditions difficiles, même en situation d’urgence sanitaire. Grâce à elles, des millions de femmes exercent leur droit aux services de santé sexuelle et reproductive, notamment la planification familiale», chante Andréa Wojnar Diagne, représentante-résidente de l’Unfpa au Sénégal.
Ce beau rôle et les résultats importants engrangés dans l’exercice de ce métier ne doivent pas pour autant empêcher aux sages-femmes de jeter un regard critique sur la pratique de leur métier. Ce, d’autant plus qu’une certaine réputation pas très reluisante leur colle à la peau. Le Professeur Cheikh Tidiane Cissé, qui a d’ailleurs salué le vote de la loi portant création de l’Ordre des sages-femmes et maïeuticiens du Sénégal, avertit : « L’Ordre ne pourra pas se mettre derrière chaque sage-femme pour exercer un contrôle.  Chaque personne doit être son propre Ordre en respectant la dignité humaine de chaque patiente», conseille celui que les sages-femmes appellent respectueusement maître. Pour lui, la sage-femme recueille la vie et cela est un privilège qu’il faut mériter.

Améliorez la réputation qui vous colle à la peau
La présidente de l’Ansfes s’est engagée à améliorer la communication entre les patientes et les sages-femmes. «Nous sommes conscientes de cette tension entre les malades et les sages-femmes, mais nous sommes en train d’y travailler», dit Bigué Ba Mbodj. Le programme accouchement humanisé permettra, selon elle, une meilleure prise en charge des patientes, car la femme enceinte pourra être assistée lors de son accouchement par son mari ou par un membre de sa famille. «Cela va nous aider à faire baisser cette tension», estime Mme Mbodj.
Au-delà de cette difficulté, les sages-femmes devront faire face à un autre problème, notamment les consultations prénatales. Une étude citée par la représentante-résidente de l’Unfpa a révélé en 2015 que seuls 47% des femmes ont effectué au moins une consultation prénatale minimale. Seuls 53% des accouchements ont été assistés avec une grande disparité géographique. Et le taux d’accouchement assisté est deux fois plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural. Pas étonnant alors que le taux de mortalité maternelle et infantile soit aussi élevé, selon les acteurs de la lutte.
La célébration de la Journée des sages-femmes, c’est aussi un moment de partage de bonnes pratiques. Des panels sur la pratique des mutilations génitales féminines et sur la fistule obstétricale ont été organisés. Les sages-femmes ont profité de cette occasion pour lancer le projet «Un nouveau-né, un extrait de naissance». Une manière pour elles d’anticiper sur les problèmes liés à la non déclaration des enfants.
ndieng@lequotidien.sn

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