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Sadio est une collectivité locale de 23 mille habitants. Elle est constituée à majorité de jeunes. Dans cette contrée qui se situe aux confins du département de Mbacké, à quelques encablures de la zone agro-sylvo-pastorale, le taux de prévalence contraceptive est de 5,16% pour le poste de santé de Sadio et 7,5% pour celui de Guerlé. Ce qui est très loin du taux national de 20,4%. Le nombre d’accouchements à domicile est de 126 ; d‘où l’urgence de trouver des mécanismes pour les pourvoir en ambulance, mais aussi et surtout aider les femmes à changer de comportements par rapport à la planification familiale. Le plaidoyer du réseau Siggil jiggen a trouvé un écho favorable auprès de la municipalité de Sadio qui a décidé d’ériger la santé maternelle et infantile en priorité.

La commune de Sadio, située dans le département de Mbacké, souffre. Et pour cause, elle ne dispose pas d’ambulance médicalisée pour le référencement des patients dans des structures plus outillées ; d’où le cri du cœur du maire Papa Sidy Ndiaye. L’élu local rappelle au chef de l’Etat sa promesse de doter la collectivité d’une ambulance. «En dehors de Mbacké et Touba, Sadio est la commune la plus grande du département de Mbacké. Elle est enclavée. Si nous ne sommes pas aidés, nous ne pouvons pas défendre le bilan du chef de l’Etat. Nous avions déclaré au chef de l’Etat, lors d’une audience qu’il avait accordée aux maires du département durant son séjour à Touba pour les besoins du Magal, que rien n’est encore fait ici en termes de réalisations. L’autre difficulté, c’est le secteur de la santé. Sadio ne peut pas rester sans infirmier. L’Etat ne peut pas non plus distribuer des ambulances et laisser en rade Sadio.» L‘édile intervenait lors de la cérémonie de sargal faite à son honneur par le réseau Siggil jiggen pour avoir mis à la disposition du sous-secteur de la santé maternelle et infantile une enveloppe d’1 million de francs.
Cet argent va aider à la campagne pour le changement de comportements des femmes concernant la planification familiale. Il sera utilisé à bon escient, a confié Aminata Sy Ndiaye, coordonnatrice régionale du projet Neema du réseau Siggil jiggen. La dame a poursuivi : «Nous souhaitons que cette action soit pérennisée et que même après le départ de cette équipe municipale, la commune de Sadio continue à appuyer la santé maternelle et infantile en général et la planification familiale en particulier.» C’est parce que dans cette collectivité locale de l’arrondissement de Taïf les accouchements à domicile sont très nombreux. A cela, il faut ajouter le fait que les femmes traînent les pieds lorsqu‘il s’agit d’aller faire des consultations prénatales. Ndèye Awa Ndao, sage-femme d’Etat : «Les accouchements à domicile sont très fréquents, surtout en période d’hivernage. Le nombre élevé d’accouchements à domicile cette année (91) a coïncidé avec la période où la sage-femme était en congé de maternité. Les mort-nés sont souvent des prématurés et des enfants issus de grossesse gémellaire (ce qui est très fréquent). Les femmes viennent au poste de santé à la 4ème Cpn».

Salle d’accouchement très exiguë
A sa suite,  Marie Guèye, matrone à la case de santé de Banane, de renchérir : «Notre difficulté majeure, ce sont les accouchements à domicile. Les femmes rechignent à fréquenter la case parce qu’elle est implantée sur la place publique.» Dans cette collectivité locale, il n’y a pas que le poste de santé de Sadio qui souffre de manque d’ambulance. Celui de Guerlé connaît aussi les mêmes difficultés. Mbissane Diagne, sage-femme, confirme : «Il y a ici beaucoup de problèmes, mais l’ambulance est une sur-priorité. Le poste est sous-fréquenté parce que les localités sont distantes. Les populations n’ont pas de moyens de locomotion. Ce qui fait que les accouchements à domicile sont nombreux. Les femmes ne respectent pas les quatre consultations prénatales.»
Dans ces deux postes distants de Touba d’environ 50 kilomètres, il urge de les doter d’ambulance. Cette logistique va aussi bien contribuer à la prise en charge des patientes, mais surtout aider les prestataires de santé dans leur déplacement pour pouvoir effectuer des stratégies avancées et vacciner les enfants. Durant cette rencontre, Moussa Bop, infirmier chef de poste de santé de Guerlé, s’est insurgé contre la pratique de la Pharmacie nationale d’approvisionnement. «Yek sina est un problème. Ils vendent les médicaments au comptant et demandent en contrepartie une contribution pour le carburant. Nous souhaitons faire des échographies ici et non aller jusqu’à Touba.»
Dans cette collectivité locale, les femmes, du fait d’un manque de moyens, souhaiteraient que les méthodes contraceptives à longue durée d’action soient gratuites. Sadio est enclavée et ne dispose même pas d’un kilomètre de route bitumée.
badiallo@lequotidien.sn

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