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Nicolas Sarkozy vient d’être inculpé par la justice de son pays. Une troisième fois. Au regard du nombre de dossiers judiciaires concernant cet ancien chef d’Etat français, cette mise en examen, suite à des «indices graves et concordants», peut paraître banal. Tant le très agité ancien patron de Claude Guéant et ami du sulfureux Patrick Balkany est devenu un habitué des cabinets de juges d’instruction.
En revanche, c’est en relief que se remarque ceci : l’auteur de «L’homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire» a ses propres histoires avec l’Afrique. La justice française le soupçonne officiellement depuis hier d’avoir sollicité et obtenu de l’argent d’un dirigeant africain, Kadhafi. De s’en être servi illégalement pour se faire élire président de la République. Fin mot de l’histoire, dans une thèse soutenue publiquement par de larges milieux français : tout le processus de destruction de la Libye, en 2011, sous les oripeaux de l’Onu, avec Sarkozy à la baguette, trouverait son origine dans ces histoires d’argent.
Revient en mémoire la complicité agissante de Me Abdoulaye Wade, avec Sarkozy, dans cette entreprise de liquidation du régime libyen d’alors et de son chef assassiné par les insurgés de Benghazi.
A l’époque, Abdoulaye Wade, alors président de la République désireux de faire adouber son fils Karim Wade pour en faire son successeur à la tête du pays, cherchait par tous les moyens les grâces du chef de l’Etat français.
Profitant d’une visite à l’Elysée en juin 2007, Abdoulaye Wade y avait introduit son fils en catimini pour le présenter et le confier à Sarkozy. Le Président français sera chargé, en 2011, de présenter Karim à Obama, à l’occasion d’un Sommet du G8 à Deauville.
On le voit, Wade a beaucoup compté sur Sarkozy. De même que Sarkozy sur Wade.
Abdoulaye Wade fera ainsi le voyage de Benghazi, à bord de l’avion de commandement qui était celui de Sarkozy, en compagnie de son fils Karim Wade, sous escorte d’avions de chasse français, étant parti du sol français pour ensuite «rentrer» en France…
Sous-préfet tropical, avez-vous dit ?
Quelques jours auparavant, il s’était rendu en France, précipitamment, en une visite qui n’avait pas été programmée, comme pour aller recueillir des instructions. A la résidence du Sénégal à Paris viendra le trouver Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères. Quelques heures après cette visite, le 9 juin 2011, Wade décollait pour la Liby.
Alors que l’Afrique, à travers l’Union africaine, cherchait à sauver la situation en Libye, les Wade se sont précipités à visiter des insurgés pour donner ainsi une onction africaine à leur entreprise. Abdoulaye Wade a été ainsi le deuxième chef d’Etat africain à reconnaître les insurgés de Benghazi. Après Yahya Jammeh !
Résultat de cette entreprise de Kadhafi, aidée en cela par Wade : l’Etat libyen a été détruit, son chef massacré, le pays ouvert aux hordes de terroristes, lesquels s’en prennent aujourd’hui au Mali, au Burkina et au Niger, son armement éparpillé au sud du Sahara, son territoire transformé en passe pour des Africains sur la voie de l’émigration.
Abou Abel THIAM

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