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Le film du professeur et réalisateur, Samba Gadjigo, a été projeté hier à Sorano. «Sembène à travers l’Afrique» esquisse la vie du père du cinéma Africain. En marge de cette projection, M. Gadjigo a invité les uns et les autres à la sauvegarde des œuvres du défunt cinéaste.

«Sembène à travers l’Afrique» est l’intitulé du film du professeur de littérature et co-réalisateur, Samba Gadjigo, projeté hier. Dans ce film de 88 minutes qui fait tant rincer l’œil, l’universitaire des Etats-Unis  trace la vie de Sembène Ousmane. De sa vie de «Docker» à Marseille en passant par sa carrière de cinéaste. Et l’on y trouve une séquence de plusieurs de ses œuvres comme Borom Char­rette,  Guéléwar,  Emitai et Ceedo.
Pour le professeur Gadjigo, ce scénario est un devoir de mémoire. Il ne s’agit pas de pleurer l’homme, mais plutôt célébrer sa vie. «C’est d’abord pour combler ce vide, une amnésie. Ensuite, c’est pour célébrer le travail de Sembène, parce que c’est un homme qui a passé plus de 40 ans de sa vie à créer des images. Il fait partie des premiers artistes à avoir réhabilité cette image en créant celle africaine selon une perspective africaine», ajoute-t-il, pour ensuite rejoindre Sembène, qui dit dans l’introduction du film que «si l’Afrique  ne faisait pas ses propres images, elle allait disparaître».
A la question de savoir si l’homme était reconnu ailleurs, M. Gadjigo répond : «J’ai accompagné Sembène à travers le monde pendant 17 ans. La réception de son œuvre à l’étranger est extraordinaire. Il n’existe aucune grande école ou université aux Etats-Unis où l’œuvre du cinéaste ne  soit pas enseignée.» Il appelle les citoyens et surtout les autorités à s’impliquer pour la sauvegarde des œuvres de Sembène, tout en rappelant que le ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye avait promis de réhabiliter la maison du «rebelle» communément  appelée  «Keur Ceedo» du père du cinéma africain pour faire de celle-ci un site culturel. «Si vous sillonnez les rues de Dakar, il y a des places publiques qui portent le nom d’étrangers et que les hommes et les femmes qui ont contribué à notre histoire et à notre propre dignité ne sont pas tous représentés», regrette professeur Gadjigo faisant allusion à Sembène Ousmane.
Stagiaire

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