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Les Occidentaux persistent toujours et signent, dans l’erreur ; beaucoup d’entre eux en sont devenus conscients ; mais, par orgueil, suffisance et absence de perspectives, ils continuent à s’appliquer la politique de l’autruche. Il fut un temps où, des intellectuels occidentaux «se masturbaient», à force d’affirmer l’impossibilité d’une philosophie noire africaine ; alors qu’eux-mêmes, n’étaient même pas capables de définir la philosophie, autrement que comme «amour de la sagesse». Et comme les philosophes sont considérés comme étant des sages, on peut se demander si, par le seul amour de la forge, on pouvait aussi devenir forgeron ; alors que la sagesse populaire dit plutôt que, «c’est en forgeant … ». La philosophie devrait être, au moins, l’exercice de la sagesse ; car, à force d’exercer la sagesse, on peut, légitimement, espérer devenir sage. «Jangë ham, jëf mën» ou «Apprendre pour savoir, agir pour pouvoir» (Maan Seeh Ra Faal, dixit).
Les Occidentaux se plaisaient à identifier les entités humaines qui étaient capables de philosopher et celles qui en étaient incapables, tout en étant eux-mêmes, incapables de dire ce qu’était, véritablement, la philosophie. De tout temps, aux «grands» philosophes occidentaux, à qui la question avait été posée, de savoir ce qu’est la philosophie, ils répondaient, toujours et invariablement, par un «je ne sais pas». Et ce n’était pas un simple style de langage, du tout ; c’est qu’ils ne savaient réellement pas. Alors, de grâce, arrêtez votre fuite en avant et écoutez plutôt, attentivement, ceux qui ne savent pas seulement qu’ils ne savent rien.
La philosophie n’est pas de l’ «Empirisme», parce qu’elle ne s’occupe pas de la connaissance de l’ «existence», dans leur plus simple expression, des choses et des phénomènes, qui relève de l’activité des organes de sens ; elle n’est également pas une activité empirique, parce que sa finalité n’est pas la production de sensations, d’émotions ; elle n’est pas, non plus, une activité des sens, parce que son mode opératoire n’est pas l’activité sensible.
La philosophie n’est pas une «Science», parce qu’elle ne s’occupe pas du «comment de l’existence» des choses et des phénomènes, qui relève de l’activité du cerveau ; elle n’est également pas, une activité rationnelle, parce que sa finalité n’est pas la production de pensées, d’idées ; elle n’est pas, non plus, une activité du cerveau, parce que son mode opératoire n’est pas l’activité de réflexion.
La philosophie est une démarche spirituelle, une démarche de l’esprit, qui s’occupe du «pourquoi de l’existence» des choses et des phénomènes, dont la finalité est la production de sentiments, de presciences (intuitions) et dont le mode opératoire est l’activité sympathique ou «Yeene», qu’on appelle, vulgairement «souhaits». Il y a les souhaits formulés avec le cerveau ; il y a également les souhaits formulés avec le cœur ; c’est de ces derniers dont il s’agit. Quand on dit que «le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas», il s’agit des «souhaits» formulés avec le cœur.  Quand on parle de la raison (ou rationalité), on fait allusion au cerveau ; par contre, quand on parle de l’esprit (ou spiritualité), on fait allusion au cœur. Le cerveau «résonne», le cœur « spiritualise » ; le cerveau fait de la science, le cœur fait de la philosophie. La confusion, dont les Occidentaux se sont rendus coupables, c’est celle qu’ils ont faite, entre «philosophie» et «réflexions sur la philosophie». Quand on «aime» la sagesse, on s’interroge et on mène des activités de réflexion, sur elle ; quand on «exerce» la sagesse, on finit par devenir sage ou philosophe. La «philosophie» est une réalité, la «réflexion sur la philosophie» en est une autre.
Ainsi, l’être humain apparaît comme doué de trois types d’outils, d’instruments ou d’organes, qui lui permettent d’acquérir des connaissances et de produire des valeurs humaines, à savoir (i) les organes de sens qui, par une démarche empirique ou des sens, permettent d’acquérir des connaissances sensibles et de produire des sensations et des émotions, (ii) le cerveau qui, par une démarche rationnelle ou de la raison, permet d’acquérir des connaissances rationnelles et de produire des pensées et des idées et (iii) le cœur qui, par une démarche spirituelle ou de l’esprit, permet d’acquérir des connaissances spirituelles et de produire des sentiments et des intuitions (presciences).
La philosophie n’est pas née en Grèce antique, du tout ; le mot «philosophe» ne provient pas de «philos» ou «amour» et «sophos» ou «sagesse», nullement. Ayant rencontré les rescapés de ceux qui symbolisaient, encore, l’«exercice de la sagesse» égyptienne, près de 100 ans après le déclin de l’Egypte (535 avant JC), les premiers Grecs anciens, qui s’y rendirent, tombèrent en extase et en admiration, au regard de leur singulier mode de vie. Ces sages, qui répondaient au nom de «Phay la suufi» ou «payé avec des valeurs spirituelles», en dépit de leurs immenses savoirs et de leur grande sagesse, qui pouvaient leur permettre de tout avoir et de tout posséder, dédaignaient les facilités et les plaisirs de la vie matérielle, pour préférer les satisfactions d’ordre spirituel, d’une vie faite de beaucoup de privations.
Devant leur incapacité à pouvoir imiter ces Sages de l’Egypte, ces Grecs ont traduit leur admiration envers ces Sages, en admiration envers la Sagesse, puis le mot de «phay la» en «philos» et celui de «Suufi » en «sophos», qui a donné notre mot de «philosophie» qui traduit, paradoxalement, l’aveu d’incapacité des Grecs de l’époque, à philosopher, se limitant à en exprimer leur admiration et leur amour. La philosophie doit donc être comprise comme étant l’expression de l’admiration ou de l’amour que la Sagesse ou l’«exercice de la Sagesse» produit sur nous, ainsi que les réflexions que nous menons sur ce sujet. La philosophie serait donc l’expression de l’amour de la Sagesse ou la réflexion sur la Sagesse. Quant à l’«exercice de la Sagesse» ou le Sage, soit on leur laisse le nom de «phay la suufi» et de «suufi», soit on leur coud des habits nouveaux et plus convenables. Loin d’être un mot arabe, «suufi» est plutôt un mot égyptien ancien ou wolof, le contraire du mot «Suuf», par la règle de l’article inversif « i ». A l’origine, «suuf» signifiait, «bas, terre à terre, matériel», puis, par extension et extrapolation, le mot est devenu synonyme de «terre, sol» ; tandis que «suufi» signifie «haut, élevé, spirituel».

Cheikhou GASSAMA
Pharaon Kephren (Kaafiruuna)
gassamacheikhou@yahoo.fr

1 COMMENTAIRE

  1. L’honorable Monsieur qui a rédigé cet article révolutionnaire n’avance aucune preuve pour étayer ses propos. Est-il possible que les idées avancées soient vrais? Il faut en fournir la preuve. Des allégations gratuites on en a vu.

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