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La science et la technologie sont devenues une opportunité de création d’emplois, notamment à travers le développement des start-up. Le Sénégal cherche depuis quelques années à inciter les jeunes à se tourner vers les filières scientifiques. Mais selon le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Mary Teuw Niane, il faudra attendre 2025 ou 2030 pour voir les résultats des politiques menées en ce sens.

Depuis quelques années, le Sénégal fait la promotion des filières scientifiques. Selon le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, le domaine de la science et de la technologie est devenu une opportunité de création d’emplois, notamment à travers les start-up. Mais pour que ce potentiel se réalise, encore faudrait-il que les jeunes se tournent vers les filières scientifiques. Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur et qui a présidé hier l’ouverture du Salon «Formations et 1er emploi» organisé par son ministère et l’ambassade de France à Dakar, invite à la patience. Selon Pr Niane, de nombreux efforts sont en train d’être faits pour développer le goût des sciences chez les jeunes. Seulement, les résultats de ces efforts ne seront visibles que dans plusieurs années. «C’est un problème qui va se résoudre dans la décennie, parce que les jeunes qui sont sensibles aux sciences au primaire, il faudra une dizaine d’années pour qu’ils arrivent en Terminal. Et ce qu’on fait aujourd’hui, on va le récolter en 2027. C’est dans les années 2025-2030 que l’on va voir le nouveau visage de l’éducation nationale», souligne le ministre de l’Enseignement supérieur. Si toutes les conditions ne sont pas encore en place, concède le ministre, des efforts sont en train d’être faits. Il cite l’installation de blocs scientifiques dans beaucoup de centres du pays et d’un lycée d’excellence scientifique à Diourbel qui viennent s’ajouter à un effort de recrutement de professeurs de mathématiques et de mise à disposition de documents scientifiques et de laboratoire. Dans la nouvelle ville de Diamniadio, Mary Teuw Niane informe qu’une maison de la science est prévue. «Dans la maison de la science, il y aura un aquarium géant, des plateformes de démonstration, un petit observatoire astronomique et un planétarium. Tout cela, pour que les jeunes puissent s’intéresser à la science et avoir la motivation scientifique». Selon le ministre, «le gouvernement du Sénégal est conscient que c’est à travers la recherche, la science et la technologie que l’on pourra innover et créer les conditions de création de davantage d’entreprises et d’emplois». Il donne l’exemple de la société française Atos qui s’est installée au Sénégal depuis quelques années. «Atos vient de s’implanter ici et ce sont des centaines d’ingénieurs sénégalais qui y travaillent et d’ici quelques années, ils veulent aller à 2 000 ingénieurs», se réjouit Pr Niane qui assure que d’autres entreprises vont suivre l’exemple d’Atos.

Mobilité des cerveaux
En matière d’enseignement supérieur, la France est la destination préférée des étudiants sénégalais. Beaucoup choisissent d’y demeurer une fois leur cursus validé. Selon Pr Niane, il ne s’agit là que de mobilité. «La mobilité des cerveaux est une nécessité», indique le ministre qui renseigne qu’un mouvement de retour est en train de se mettre en place. «Depuis 2015, nous avons une loi cadre qui ouvre les portes des universités aux Sénégalais et aux non Sénégalais. Les appels à candidatures pour l’Université Amadou Mokhtar Mbow, c’est 1 300 demandes dans lesquelles 1 000 provenant de docteurs. Pour l’Université du Sine Saloum, c’est 1 000 demandes dont plus de 600 docteurs. Les universités de Saint-Louis, Thiès, Bambey ont permis la création de 200 postes d’enseignant en 2015. Beaucoup de ces personnes recrutées sont des docteurs produits ici ou à l’étranger», explique le ministre. En attendant, des jeunes venant essentiellement des lycées Jean Mermoz et de l’institution Sainte Jeanne D’arc ont envahi le salon pour espérer nouer de fructueux contacts avec des écoles françaises. Business school, Science Po, Ponts et chaussés, les stands sont pris d’assaut par des moins jeunes aussi à la recherche de perfectionnement et de diplômes supérieurs.
mamewoury@lequotidien.sn

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