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Abdoulaye Mactar Diop appelle à plus de retenue par rapport à l’affaire du contrat d’affermage de l’eau. «Il faut que l’on sache raison garder aussi bien du côté de la Sde que du ministère de l’Hydraulique, parce qu’il ne sert à rien d’alimenter la commère à travers des communiqués dans la presse», a prêché hier le Grand serigne de Dakar devant le Grand Jury de la Rfm.

Par Dialigué FAYE

L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a ordonné la suspension de l’attribution du marché de la gestion de l’eau au groupe Suez. Cela, suite à une saisine de la Société des eaux (Sde).
Abdoulaye Makhtar Diop suggère ainsi, de laisser la procédure arriver à son terme. «Il faut que l’on sache raison garder aussi bien du côté de la Sde, que du ministère de l’Hydraulique, parce qu’il ne sert à rien d’alimenter la commère à travers des communiqués dans la presse. Laissons l’Armp, la commission d’adjudication des marchés faire leur travail», a prêché hier le Grand Serigne de Dakar devant le Grand Jury de la Rfm. Mieux, ajoute le dignitaire en chef de la Collectivité léboue, «il ne faut pas faire croire à l’opinion que la décision de la commission n’est pas bonne». Car explique-t-il, «tout recours qui arrive sur la table de l’Autorité de régulation est immédiatement suspensif. On ne préjuge même pas de ce qui est dans le dossier. Cette suspension ne veut ainsi rien dire».
Cette situation d’incertitude qui prévaut dans le secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine préoccupe certains Séné­galais craignant une éventuellement perturbation de la distribution de l’eau.
Sur ce point, Grand Serigne de Dakar tient à rassurer que «quel que soit x, l’Etat utilisera tous ses pouvoirs pour qu’il n’y ait pas d’interruption dans la distribution, parce que même si c’est une société privée qui gère la distribution, il faut que l’on sache qu’il s’agit de service public de distribution de l’eau. Il n’est pas question que la distribution de l’eau soit perturbée. Même si au 31 décembre l’adjudication n’est pas faite, la Sde est tenue jusqu’à ce qu’un autre concessionnaire soit retenu ou que la Sde soit reconduite, de distribuer correctement l’eau au Sénégal. Je ne connais pas le fond du dossier, mais le bon sens me dicte que quelque part, il doit y avoir des dispositions transitoires pour permettre qu’il n’y ait pas de rupture dans la distribution de l’eau».
L’ancien Directeur général de la Société nationale d’exploitation des eaux du Sénégal (Sonees), le dernier d’ailleurs, trouve aussi «injuste de dire que la Sde est une société sénégalaise». M. Diop précise que «l’ensemble des actions des Séné­galais à la Sde, hors personnel, ne fait pas 15%. Tout le capital est détenu par des étrangers». La question qu’on doit se poser, dit-il, «c’est dans quelle condition en 1995, la Société d’aménagement urbain et rural (Saur) avait été cédée à Eranove ? Est-ce qu’il y avait un appel d’offres public ? » A son avis, «c’est comme ça qu’il faut poser le problème pour être objectif». Tout de même, souligne le député, «la Sde est dirigée par de jeunes sénégalais extrêmement bril­lants, qui y ont fait toute leur carrière. Ce n’est pas la qualité du personnel qui est en jeu. Dans la phase où nous nous trouvons, l’assurance est faite que les travailleurs ne seront nullement pénalisés. L’autre chose, c’est l’ouverture du capital aux Sénégalais qui en ont les moyens. Ça également, c’est extrêmement important. Mais le plus important ce n’est pas une participation au capital, mais quelle portion du capital va être laissée aux Séné­galais…».
dialigue@lequotidien.sn

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