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La centrale électrique de l’usine de fabrication de fer Someta a explosée dans la nuit du dimanche au lundi. Cependant, il y a plus de peur que mal. Aucune personne n’a été blessée.

Le sommeil de certains habitants de Sébikotane a été perturbé, la nuit du dimanche au lundi dernier, par une explosion suivie d’un long feu à la société métallurgique Someta, dont les locaux sont situés à l’entrée de Sébikotane, juste après Diamniado. Cependant, il y a eu plus de peur que de mal.
Hier au petit matin, un tour sur les lieux a permis de constater une centrale calcinée, source de l’explosion, du feu et de la fumée qui ont causé la panique chez les ouvriers et riverains de l’usine de fabrication de fer. Les rares ouvriers présents sur les lieux ignorent les causes de l’incendie. «L’incendie a beaucoup duré. Il a fallu l’intervention des sapeurs-pompiers pour éteindre le feu», a expliqué Mamadou Fall, camionneur dans cette société. Témoin des faits, il avoue avoir lui-même pris la poudre d’escampette pour sauver sa peau : «Mais Dieu merci, il n’y a pas de blessé, les ouvriers étaient heureusement de l’autre côté, très loin de la centrale», affirme M. Fall.
L’état cahoteux de l’engin a été constaté par des agents de la Senelec. «Nous sommes venus faire le constat, mais la centrale est irrécupérable, ce qu’il leur faut, c’est une autre», a confié un technicien de la Senelec, abordé sur le site.
Du côté de l’administration, aucune information n’est donnée. «Nous n’avons pas le droit de donner des informations. C’est aux administrateurs de le faire et ils ne sont pas là. D’ailleurs, personne ne viendra travailler aujourd’hui à cause de la panne de notre machine», informe-t-on sous le couvert de l’anonymat.
L’usine Someta a souvent été décriée par ses ouvriers et vilipendée par la population de Sébikotane. A cause des récurrents drames qui s’y sont produits suite aux accidents de travail, les riverains qualifient l’usine de «faucheuse».
L’année dernière, en plein milieu de travail, l’ouvrier Ousmane Sarr a été broyé par les lames de la machine avec laquelle il travaillait. Et chaque année, des accidents similaires sont notés dans l’usine, sans occulter la pollution qui altère l’air que respirent les Sébikotanois, d’où la peur qui les a gagnés quand ils ont entendu l’explosion et vu le feu.
Par ailleurs, le manque de sécurité est fustigé depuis des années par les ouvriers qui réclament, sous l’anonymat, du matériel pour assurer leur sécurité. «Il n’y a pas de mesures de sécurité, pas d’équipements adéquats par rapport à la chaleur épouvantable qu’il y a à l’intérieur. Les machines sont vieilles et ne tiennent plus. Personne n’ose piper mot, de peur de se faire renvoyer», déclare une source bien informée.
ksonko@lequotidien.sn

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