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Les attributaires de parcelles sur le lotissement S de Sébikotane ont alerté dimanche suite à une visite de terrain du préfet de Rufisque. Pour eux, pas question d’un relogement ou d’une cohabitation avec l’abattoir national, car le projet concerne la commune de Diamniadio et non la leur comme on veut le faire croire.

Le ton ferme, les attributaires de parcelles sur le lotissement S de Sébi Gare dans la commune de Sébikotane ont dégagé toute idée d’érection d’un abattoir sur leur propriété légalement acquise et destinée à l’habitation. «Ce lotissement a été fait en 2004 par la mairie de Sébikotane et il a été agréé par tous les services compétents de l’Etat. Dernièrement, le nouveau préfet de Rufisque, accompagné de responsables des mairies de Diamniadio et Sébikotane en plus d’éléments de la Dscos, a fait une descente ici. Et d’après ce que l’on sait, il est question de la reprise du projet d’abattoir», a expliqué dimanche Amadou Mbaye au sortir d’une rencontre des attributaires de parcelles de Sébi Gare sur le site. «Nous ne sommes pas contre la construction d’un abattoir ; ce qui est d’utilité publique, mais nous refusons de nous faire ravir de notre dû acquis légalement», a-t-il poursuivi, voyant à travers cette descente du préfet une tentative de les exproprier. «Le projet de l’abattoir, initié par le ministère de l’Elevage en collaboration avec Diamniadio, doit s’étendre sur 23 hectares. Et il n’est pas censé être dans l’assiette que nous occupons», a éclairé à ce propos le porte-parole des attributaires. Pour Abdoulaye Basse, ces agissements ne sont qu’une tentative d’exproprier des locaux au profit d’investisseurs étrangers aidés en cela par des fonctionnaires malhonnêtes. «C’est une orchestration pour se faire de l’argent. Au niveau du Cadastre, on refuse de nous délivrer des baux alors que nos parcelles ont été acquises dans la plus grande régularité avec l’agrément de l’Etat. Ce n’est pas l’Etat, mais de petits fonctionnaires au service des Cadastres et un peu partout ailleurs dans le circuit», s’est-il étranglé, évoquant même une marche des attributaires pour exiger lesdites pièces. «Nous ne quémandons rien. Nous demandons juste à être respectés dans nos droits. Sur ce, nous interpellons directement le président de la République. Des magouilles sont en train d’être exécutées pour donner cet espace à un investisseur indien et à la place de l’abattoir auquel on veut nous faire croire le gars va ériger des immeubles», a prédit M. Mbaye qui s’est voulu formel sur l’emplacement de l’abattoir. «Tous les documents montrent que l’abattoir est programmé dans la commune de Diamniadio alors que notre lotissement se trouve à Sébi Gare, dans la commune de Sébikotane», a-t-il assuré. Il a aussi fustigé le laxisme de la mairie qui avait initié le lotissement pour permettre aux attributaires d’acquérir ces parcelles. «C’est un lotissement de 4 900 parcelles effectué par la mairie en 2004 et englobant les séries S, R et autres. Nous déplorons donc la passivité de la mairie de Sébikotane qui, depuis lors, est restée muette», a regretté M. Mbaye faisant savoir que des lettres ont en ce sens été envoyées à la Présidence, à la «médiature» et autres institutions.
Le projet de délocalisation de l’abattoir national est agité depuis 2004, mais bute depuis sur son emplacement. Sébi Gare, déjà habité, n’en veut pas. «Il ne faudrait pas que l’Etat fasse l’erreur de Sicap Mbao». «Ici, ce n’est pas un espace vierge. Il y a une mosquée et des maisons», a rappelé Amadou Mbaye.
abndiaye@lequotidien.sn

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