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Pas question de pousser d’un iota ! Tel est le mot d’ordre lancé samedi par les habitants du village de Belvédère (commune de Sébikotane) au sortir d’une assemblée populaire. Sommées de déguerpir depuis 2018 par une note de la gendarmerie, elles n’en ont cure et comptent s’y opposer de manière ferme. «Ce village a été créé par Daouda Sall. Mon père a été enterré ici et cela fait plus de 50 ans. Donc si un certain Mamadou Sy, habitant Diourbel, vient avec un bail portant sur trois hectares, nous crions à la spoliation, a expliqué le chef du village Djiby Sall. Son bail date de 2013 et il affirme que nous sommes des éleveurs qui, dans le cadre de nos pérégrinations, sommes venus occupés des terres qui lui appartiennent. Qu’il vienne alors, nous l’attendons de pied ferme», a poursuivi M. Sall. Pour Moussa Kâ, l’obtention d’un bail sur ces terres relève de la mal gouvernance constatée depuis plusieurs années. «C’est l’œuvre de fonctionnaires sans morale qui se servent du foncier pour s’enrichir et nous n’accepterons pas que notre village soit sacrifié à leurs profits», a-t-il fait savoir, interpellant la République au plus haut. «Le Président Macky Sall avait demandé, lors d’une cérémonie ici à Diamniadio, que cesse la prédation foncière. On se rend compte que ses directives n’ont pas été respectées. Nous l’interpellons directement parce que nous refuserons au prix de nos vies de laisser ces terres à ce Mamadou Sy», a enchaîné M. Kâ. Pour le membre du Hcct Mamadou Diop Thioune, venu soutenir les protestataires, c’est l’administration des Impôts et domaines. «On est en face d’un problème de concession et de prédation éhonté. Ils se sont servis des Nicad (Nouvelles immatriculations cadastrales) pour affecter indûment des terres. Nous exigeons une enquête parlementaire pour tirer ces affaires du foncier au clair», a exhorté M. Thioune. «Eliminer ce village, c’est souiller la mémoire de feu Djibo Kâ, car Belvédère c’est un des premiers projets d’écovillage sous l’initiative de l’ancien ministre. Le barrage est là pour assurer la culture à n’importe quelle saison. Donc on ne peut pas accepter que cet écosystème soit détruit pour les besoins d’un promoteur immobilier», a avisé le membre du Hcct. Ces habitants qui ont dernièrement chassé des topographes venus faire des opérations de levée menacent d’en découdre avec quiconque osera s’aventurer chez eux pour toute action entrant dans cette tentative d’accaparement de leur village.
abndiaye@lequotidien.sn

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