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Les travailleurs de l’usine Someta, où un tâcheron répondant du nom de Mame Mor Guèye a trouvé la mort mardi suite à un accident de travail le même jour, sont dans le désarroi total. Confrontés à des risques énormes dans leur travail au quotidien dans cette usine de métallurgie aux «conditions de sécurité inexistantes», ils ont ruminé leur colère face à cette situation à laquelle ils sont exposés. «Ici, personne n’ose parler de peur de se faire virer, alors que la situation est intenable (…) Les cas d’accidents sont courants dans l’usine. Tantôt c’est des brûlures sérieuses, tantôt des bras sectionnés ou simplement des personnes broyées par les machines. Depuis longtemps, nous alertons sur la situation, mais c’est comme si nous crions dans le vide. Même le service de la Protection civile est informé de notre condition de travail, mais rien», a dit jeudi un ouvrier de l’usine s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Revenant sur l’accident mortel de mardi qui a coûté la vie à son collègue de travail, notre interlocuteur de poursuivre. «Mame Mor Guèye, qui n’avait pas les accessoires nécessaires pour travailler en hauteur, est tombé alors qu’il était en plein labeur. Il est resté à terre pendant plus d’une heure sans être évacué, faute d’ambulance dans l’usine. Pis encore, il n’y a aucun matériel pour assurer les premiers soins. Finalement, les sapeurs-pompiers sont venus pour l’évacuer et il a malheureusement succombé en cour de route», a retracé le travailleur anonyme, appelant les autorités à se pencher sur les conditions de travail dans cette usine. «A la mort de Ousmane Sarr, des responsables syndicaux étaient venus et avaient promis de porter le combat. Et depuis, lors ils n’ont rien fait», a-t-il regretté. En janvier 2017, l’ouvrier Ousmane Sarr trouvait la mort après avoir été atrocement broyé par une machine. Xang Hand Siao, un Chinois responsable des ateliers à la Someta, avait été mis aux arrêts quelques jours après par la gendarmerie avant d’être déféré pour homicide involontaire.

abndiaye@lequotidien.sn

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