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La sécheresse dans le Sahel risque de toucher près de 4 millions de personnes dans six pays que sont le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (Fao), ces pays peinent à se remettre de la sécheresse qui les a frappés l’année dernière. A cela s’ajoutent la hausse des prix des produits alimentaires, les conflits et la perturbation des marchés qui ont entraîné la pire saison creuse que la région ait connue en quatre ans. Cette situation inquiète vivement la communauté internationale. En réponse à l’appel au soutien lancé par la Fao, la Suède vient d’annoncer une contribution de 9,9 millions de dollars, soit près de 5,6 milliards de francs Cfa, acheminée par l’intermédiaire de l’Agence suédoise de développement international (Asdi). Selon la Fao qui donne l’information, cette aide est certes destinée aux six pays touchés, mais elle cible plus particulièrement le Burkina Faso et le Mali qui sont les plus touchés. «D’ici les prochains mois, ils devraient être plus d’un million à faire face à des pénuries alimentaires dans les deux pays réunis», indique la Fao.
L’appui apporté par la Suède devrait permettre aux communautés les plus vulnérables de faire face aux périodes de soudure où les greniers des familles se vident très vite et où les éleveurs cherchent désespérément du fourrage, a déclaré M. Dominique Burgeon, directeur de la Division des urgences et de la réhabilitation de la Fao et chef du programme stratégique de la Fao sur la résilience. «Ce qui distingue cette contribution des autres est qu’elle nous permettra de soutenir les communautés vulnérables lors des deux prochaines années, de manière à ce qu’elles puissent se rétablir et renforcer leurs capacités afin de mieux faire face aux chocs à venir», a ajouté M. Burgeon.
Au Burkina Faso, la contribution de l’Asdi permettra à la Fao de procéder à des transferts d’argent inconditionnels, d’atteindre près de 60 mille personnes et de couvrir les besoins alimentaires et autres besoins urgents pendant la période de soudure, de mai à août. En outre, plus de 24 mille personnes vont bénéficier de transferts d’argent en échange de travaux effectués comme la réhabilitation des points d’eaux ou la restauration de routes dégradées.
Pour les éleveurs, ils recevront du fourrage et des animaux, moutons, chèvres, volailles ou cochons, de façon à leur permettre de reconstituer leur cheptel face aux prévisions annonçant une hausse de la mortalité du bétail de 2 à 8% cette année. Au Mali, ce sont près de 24 mille personnes qui bénéficieront de la réhabilitation des petites infrastructures d’irrigation pour l’agriculture, du rétablissement des pâturages et des forages pour le bétail, ainsi que des activités transversales d’éducation en matière de nutrition et de protection sociale (des transferts productifs).
La Fao informe aussi que ce sont près de 4 millions de personnes dont 3 millions d’éleveurs et d’agropasteurs qui ont besoin d’aide alimentaire dans cette région du Sahel. Et d’ici les prochaines semaines, ce chiffre pourrait s’élever à 7 millions. «Cela peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé et la nutrition des populations. Cela peut également conduire à une hausse des conflits et intensifier les risques d’épidémie transfrontalière lorsque les éleveurs déplacent leurs animaux vers de nouvelles zones et sont en rivalité pour des pâturages qui se font de plus en plus rares», avertit la Fao.

mamewoury@lequotidien.sn

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