PARTAGER

Abdou Elinkine Diatta, secrétaire général autoproclamé du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) et ancien porte-parole du mouvement irrédentiste, a été abattu ce dimanche dans son village natal Mlomp par des hommes armés. Une triste fin pour cet homme qui avait déposé les armes pour devenir un militant de la paix dans cette région ravagée par plusieurs décennies de violence.

Il était parti ce week-end à Mlomp, dans le Buluf, pour assister à une cérémonie d’initiation traditionnelle. Il va en être sorti les deux pieds devant. Abdou Elinkine Diatta, successeur autoproclamé de l’abbé Diamacoune Senghor, a été tué de manière atroce. Hier, peu avant la cérémonie de libations dans un site sacré de Mlomp, des individus armés, venus avec des moto-taxis, ont fait irruption pour mettre en œuvre leur opération macabre. Ils ont ouvert le feu de façon nourrie. Ça a été fatal à Abdou Elinkine Diatta qui sera atteint par plusieurs balles. Il a succombé sur place à ses blessures.
Cette nouvelle, qui s’est répandue comme une traînée de poudre, a été très tôt confirmée par la famille et des proches du défunt. Des sources concordantes ont également fait cas de deux autres victimes : Soit au total trois morts sur le coup et plusieurs blessés. Lesquels ont été par la suite évacués aux services des urgences de l’hôpital régional de Ziguinchor.
Ancien responsable du Mfdc et porte-parole de l’abbé Diama­coune Senghor, Abou Elinkine Diatta, artiste et environnementaliste, n’a cessé ces dernières années d’exhorter ses anciens camarades combattants à œuvrer pour la paix et à cultiver la paix en Casamance. Malgré ses options indianistes qui n’ont jamais varié. C’est dire aujourd’hui que c’est avec des habits de colombe et de prêcheur de la paix que l’ancien maquisard est tombé sous les balles ennemies ce dimanche vers 9h. Un meurtre qui continue encore de susciter à Ziguinchor les spéculations les plus diverses eu égard au passé militant de ce proche collaborateur du prélat rebelle. C’est pourquoi d’aucuns espèrent qu’avec l’enquête ouverte par la gendarmerie, les véritables mobiles de ce drame macabre seront élucidés. Pour l’heure, les trois corps qui étaient à la morgue du district sanitaire de Bignona ont été acheminés dans la soirée d’hier à l’hôpital régional de Ziguinchor pour les besoins de l’autopsie.
Abdou Elinkine Diatta a grandi dans le maquis et fait partie des figures marquantes du Mfdc. Lors de ses dernières confidences, il disait,  pour montrer son parcours : «J’ai rejoint le maquis le 31 décembre 1984, tout jeune. Je faisais partie de la toute première génération des jeunes ayant rejoint la brousse, car les premiers à s’y rendre étaient des personnes d’un âge assez avancé. Et c’était le moment où Atika était en train de s’organiser, car entre 1982 et 1983, il y avait un peu de désordre dans la manière des manifestants, de s’organiser.»
Dans la même veine, Abdou Elinkine Diatta décelait les facteurs qui paralysaient le processus de paix en Casamance. «Il n’y a pas de communication et de collaboration directes dans les rapports entre la branche politique et militaire. La première devrait en principe inspirer la seconde. Les combattants de­vraient être tous soutenus par les politiques dans l’organisation et l’orientation de leurs activités sur le terrain et dans la conduite des négociations. L’aile politique devrait prendre en charge le volet négociations avec l’Etat du Sénégal», estimait-il.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here