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Les membres du Réseau national des femmes rurales se sont retrouvés à Bayakh, à la faveur d’un atelier national de plaidoyer pour l’accès sécurisé des femmes au foncier et aux facteurs de production. Une occasion pour les membres du réseau de dénoncer «les discriminations» dont les femmes font l’objet pour l’accès au foncier. Aussi ont-elle réclamé plus d’implication dans les différents programmes de l’Etat.

La sécurisation du foncier et l’accès aux facteurs de production, c’est autour de ce thème que s’est regroupé hier à Bayakh le Réseau national des femmes rurales du Sénégal. Une rencontre de plaidoyer qui vise, selon Mme Adja Tiné Ndoye, présidente du réseau, à mieux sécuriser les terres contre les spéculateurs fonciers. «Nous pensons qu’avoir des papiers simplement n’est pas suffisant pour sécuriser nos terres. Ce qui est le plus nécessaire, c’est d’avoir des financements et des matériels pour les valoriser et lutter ainsi contre les spéculateurs fonciers.» De l’avis de ce membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese), pour lutter contre l’insécurité alimentaire, les femmes doivent miser sur les exploitations familiales. «On doit aller vers cette formule pour permettre à la famille de cultiver et avoir des ressources pour la prise en charge de leurs besoins», dit-elle.
En partenariat avec Enda Pronat, l’atelier de plaidoyer pour la sécurisation du foncier et l’accès aux facteurs de production, présidé par le secrétaire général du ministère de la Femme, de la famille et du genre, a été aussi l’occasion pour le Réseau national des femmes rurales du Sénégal, qui compte 135 organisations de femmes rurales, de dénoncer «les discriminations» dont font l’objet les femmes. Lesquelles discriminations tournent essentiellement autour de l’accès aux moyens de production, notamment au foncier. Toutefois, dit-elle, «de nombreuses initiatives à l’initiative du Réseau des femmes rurales du Sénégal, à savoir l’organisation de foras, d’ateliers de formation, de sensibilisation et de partage sur les bonnes pratiques ont permis d’avoir des avancées significatives». Cependant, signale Mme Adja Tiné Ndoye, «le réseau reste néanmoins limité sur un certain nombres de points concernant le foncier et les facteurs de production en général». Toutes raisons qui justifient l’organisation de l’atelier qui permettra «aux femmes rurales d’échanger sur la problématique de l’accès au foncier en vue de l’identification des voies et moyens pour trouver des réponses ; d’où l’importance des alliances avec d’autres organisations qui s’activent, comme nous, dans cette lutte». Elle termine par signaler que «l’approche genre est considérée comme étant un outil de planification et de suivie pour notre organisation. Il n’en demeure pas moins que les femmes rurales réclament plus d’implication dans les différents programmes de l’E­tat».
Pour sa part, le secrétaire général du ministère de la Femme, de la famille et du genre, Sidy Guèye, a indiqué que son ministère a prévu d’importants projets et programmes, dont le Projet d’appui à la stratégie nationale pour l’équité et l’égalité (Pasneeg) qui travaille sur les questions de droits y compris ceux d’accès au foncier. Aussi, poursuit-il, «nous avons installé au niveau communautaire des mécanismes qui permettent de sensibiliser les femmes, mais également les autorités qui décernent les terres aux individus pour que les femmes reçoivent en priorité ces terres-là». Au-delà, M. Sidy Guèye de renseigner qu’une attention particulière sera prêtée aux groupes défavorisés, notamment aux femmes pour cette année 2018, décrétée comme année so­ciale par le président de la Répu­blique. Dans ce cadre, «d’importants projets d’entreprenariat sont prévus». A ce titre, «l’ensemble des projets et programmes du ministère de la Femme seront évalués pour pouvoir ensuite les mettre à la disposition des femmes. Les modes d’intervention seront très rapides et efficaces pour permettre aux femmes de faire leurs réalisations parce que l’objectif c’est de permettre aux femmes de participer à la contribution de l’accroissement du revenu national».
nfniang@lequotidien.sn

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