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Long de 5 000 km, le Golfe de Guinée, de par ses côtes et les richesses que recèlent ses eaux, attise des convoitises diverses. En l’occurrence, la piraterie suscite l’inquiétude de ses Etats riverains et au-delà celle de leur partenaire stratégique à l’instar de la France. C’est sous son impulsion que les chefs d’Etat-major de la zone se réunissent tous les deux ans pour un symposium sur la sécurité maritime. Pour la seconde édition du genre, Dakar, après Brest, accueille les représentants de 28 pays de la région, mais aussi du Brésil, du Canada, des Usa, du Portugal, d’Espagne, d’Italie et du Danemark. Des militaires, mais aussi des industriels, sont aussi présents pour présenter leur savoir-faire en matière navale. D’après Momar Diagne, contre-amiral et chef d’Etat-major de la Marine sénégalaise, «l’objectif de cette réunion est de s’atteler à la mise en œuvre de l’architecture du code de conduite adopté en 2013 à Yaoundé». Celle-ci souffre, selon lui, d’«un contraste lié au fait que tous les pays qui composent le Golfe de Guinée ne sont pas au même niveau d’équipement et d’information». Pour pallier ce déséquilibre, les pays partenaires comme la France s’engagent à fournir la mutualisation des efforts. L’amiral Christophe Prasuck, chef d’Etat-major de la Marine française, explique les enjeux : «95% des échanges dans la zone se font par mer, il y a de manière permanente, 2 000 bateaux qui circulent dans le Golfe de Guinée. La sécurité de ces bateaux est fondamentale pour la prospérité des pays riverains.» Pour lui, la France est directement concernée : «Depuis près de 30 ans, la France entretient en permanence un bateau dans le Golfe de Guinée soit 20% des activités de la Marine française, en plus du fait que plus 80 000 ressortissants français vivent sur ses rives ainsi que des centaines d’entreprises qui y gravitent.» La mutualisation des efforts se traduit par des exercices communs baptisés African Nemo, réalisés par centaines rien qu’en 2016 soit plus de 2 000 marins. Au Sénégal, la lutte contre la pêche illicite constitue le fer de lance de ces exercices, marqués par des résultats probants avec l’arraisonnage de plusieurs navires voyous ces derniers mois.
bdavid@lequotidien.sn

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