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La Journée des forces armées a été célébrée hier sous le thème «Forces armées et protection des frontières». Dans son discours, le chef de l’Etat a promis le renforcement des moyens de l’Armée, l’amélioration du cadre de vie et de travail des soldats et de leurs familles. Cette augmentation des efforts pour mettre les soldats dans de bonnes conditions va aussi de pair avec la mise en place de nouvelles stratégies militaires pour faire face aux nouvelles menaces qui poussent l’Armée à se réadapter.

Le rôle que joue l’Armée dans la surveillance du territoire national est inestimable. Dans un contexte multi-menaces, elle est le dernier rempart, surtout que «la notion de protection des frontières revêt une nouvelle dynamique». Le chef de l’Etat est alors persuadé que la frontière devient de plus en plus «diffuse et difficile» à protéger face aux nouvelles menaces «susceptibles de l’affecter». Il cite «le terrorisme, la cybercriminalité et les crimes transfrontaliers, les périls environnemental et sanitaire». Selon Macky Sall qui présidait hier la Journée des forces armées, «c’est à la lecture de ces nouveaux défis que doit se comprendre la protection des frontières». Il s’agit de faire face à un ennemi physique, qui est une «tâche déjà difficile» afin «de protéger la Nation contre des menaces plus vicieuses et aux impacts multiples».
Par ailleurs, le chef de l’Etat a invité l’Armée à mettre fin au trafic du bois qui décime les forêts du sud. «Je vous y engage», leur dit-il avant de demander aux soldats de ne «rien céder dans la lutte» contre ce fléau. Lequel «détruit la biodiversité et appauvrit les populations». «Nous devons rester mobilisés pour mettre fin à la coupe de bois au sud qui détruit… (…) Voilà pourquoi, au vu des missions toujours plus complexes auxquelles vous êtes appelés, je reste déterminé à accompagner la montée en puissance et la modernisation des Forces ar­mées», dit-il.
Face à une multiplication des charges et la nécessaire réadaptation de la stratégie militaire, le Président Sall s’est engagé dans cette voie. «Je tiens particulièrement à la mise en œuvre des plans stratégiques, a-t-il promis. Ce plan permet aujourd’hui l’accroissement des équipements des Armées dans toutes leurs composantes. Il y a aussi le déploiement des nouvelles unités terrestres à travers le territoire national.» Pour l’horizon 2020-2025, le chef de l’Etat compte mettre sur pied des 32e et 34e bataillons d’infanterie et créer les 33e et 36 bataillons. Le chef suprême des Armées ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il promet d’implanter d’autres bataillons à Némading, Goudiry et Louga. «Ce maillage va permettre une meilleure prise en charge de la question sécuritaire en dotant la Marine nationale de nouveaux équipements de contrôle des côtes et du trafic maritime. Il y aura de nouveaux patrouilleurs avec la modernisation et l’implantation en cours dans les différentes bases et stations navales et fluviales à Saint-Louis, Elinkine, Djifer, Podor et Matam», soutient-il en annonçant aussi l’amélioration du cadre de vie des militaires et de leurs familles pour les permettre d’être plus performants.
Bien sûr, le rôle de l’Armée dans la marche nationale n’est plus à démontrer comme le montre son implication dans la lutte contre le Covid-19, qui est désormais sous contrôle. Selon lui, «si notre pays a réussi à gérer cette pandémie au point d’être cité en exemple par des sources indépendantes, nous le devons en partie à l’engagement sans faille des forces de défense et de sécurité». Comment ? «Elles ont contribué à la mise en œuvre de l’Etat d’urgence, à la surveillance des frontières et à la prise en charge des malades. Elles ont apporté leur concours à la distribution des aides d’urgence», salue le Président Sall.

Parrains des promotions des écoles d’officiers : Boubacar Wade, Gora Ngom et Patrick Bayoudounka Sagna ressuscités

La célébration de la Journée des forces armées a toujours été une occasion pour procéder au baptême des promotions. Il s’agit de l’Ecole militaire de santé (Ems), l’Ecole nationale des officiers d’active (Enoa) et l’Ecole des officiers de la Gendarmerie nationale (Eogn). La 52e promotion de la 6e génération de l’Ems, dont le parrain est le général Boubacar Wade, est forte de 40 élèves dont 30 Sénégalais et 10 ressortissants du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Gabon et du Togo dont 19 femmes. Alors que la 39e promotion de l’Enoa, nommée Gora Ngom, est riche de 63 élèves officiers dont 46 Sénégalais et 17 officiers originaires du Bénin, du Burkina, du Cameroun, du Cap-Vert, du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de la Guinée Bissau, du Mali, de la Mauritanie du Niger et du Togo. Et la 13e promotion de l’Eogn, baptisée au nom du lieutenant Patrick Bayou­dounka Sagna, est composée de 33 Sénégalais et 6 issus de la Centrafrique, la Côte d’Ivoire et de la Guinée dont deux femmes.
Parrain de la 52e promotion de l’Ems, le médecin-général de brigade Boubacar Wade, né le 5 septembre 1955 à Dakar, a été incorporé dans les Armées sénégalaises à sa sortie de l’Ecole militaire de santé le 23 août 1975. Dans sa vie professionnelle, ce Professeur agrégé du Val-de-Grâce en France, en 1999, a aussi mené une brillante carrière de médecin militaire, gravi tous les échelons jusqu’à devenir directeur général de l’Hôpital Fann. Comme lui, les autres parrains ont aussi réussi un parcours qui devrait inciter les nouveaux visages de l’Armée à s’inspirer d’eux.

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