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Le Sénégal s’est doté d’un Programme national d’appui à la sécurité alimentaire et à la résilience (Pnasar). Et pour les 5 prochaines années, le Pnasar va nécessiter un financement de 639 milliards de francs Cfa.

Pour mettre fin à l’insécurité alimentaire pour les 5 prochaines années, le Sénégal a besoin de 639 milliards de francs Cfa. C’est ce qui ressort de l’atelier de validation du Programme national d’appui à la sécurité alimentaire et à la résilience (Pnasar) qui s’est tenu hier à Dakar. Selon Mme Gueno Seck Camara du Secrétariat exécutif à la sécurité alimentaire, en 2016, 20% de la population sénégalaise étaient en situation d’insécurité alimentaire, soit 3 millions 782 milles 851 personnes. En milieu rural, ce taux passe à 23%. Les menaces qui pèsent sur la sécurité alimentaire des populations expliquent sans doute le nombre élevé de projets et programmes qui interviennent dans le secteur. Au total, pas moins de 212 projets et programmes intervenaient sur la sécurité alimentaire en 2016. La cartographie des interventions laisse voir que parmi ces projets et programmes, 49 sont menés par le gouvernement, 7 par des institutions internationales, 112 par des Organisations non gouvernementales (Ong) internationales et 44 par des Ong nationales. L’adoption d’un cadre d’intervention tel que le Programme national d’appui à la sécurité alimentaire et à la résilience (Pnasar) va permettre de rationaliser les interventions, indique le secrétaire exécutif du Conseil national de la sécurité alimentaire. «Nous proposons un programme qui se veut la porte d’entrée de tous ceux qui veulent cotiser au panier de la sécurité alimentaire», souligne Jean-Pierre Senghor.
Et selon Abdoulaye Djibril Diallo du Secrétariat exécutif à la sécurité alimentaire, l’objectif est de renforcer les synergies et la complémentarité dans les différentes interventions par une planification annuelle concertée avec les acteurs.
Au total, 20 départements du pays sont considérés comme prioritaires et en situation de risque. Parmi ces 20, ceux de Kédougou, Matam, Kolda, Sédhiou, Tambacounda, Ziguin­chor et Podor avaient déjà fait l’objet d’une alerte il y a quelques mois. D’ailleurs, un des axes d’intervention du Pnasar va être l’amélioration des dispositifs de prévention et de gestion des crises par une amélioration du système d’alerte précoce.
Dans sa mise en œuvre, le Pnasar prend la commune comme centre de référence. Et les interventions visent à éviter aux ménages les plus vulnérables, de vivre dans l’insécurité alimentaire. En effet, les aléas climatiques, la pauvreté, les chocs externes sont autant de facteurs qu’il faut prendre en compte.
«Pour sortir le Sénégal de l’insécurité alimentaire, il faut bâtir des remparts», souligne le directeur de Cabinet du Premier ministre, M. Diatourou Ndiaye. La Pnasar, qui repose sur 5 sous programmes, 15 composantes, 30 sous composantes et 115 actions, est le nouveau cadre d’intervention. La mise en place de systèmes d’information sur les ressources des terroirs, la promotion d’exploitations familiales résilientes avec leurs propres réserves d’aliments, ou le concept de Nouveaux territoires résilients (Ntr) qui s’appuient sur les opportunités au niveau local pour lutter contre l’insécurité alimentaire sont quelques-unes des stratégies contenues dans le Pnasar, qui ont été soumises à l’appréciation des acteurs intervenant dans le secteur avant une validation par les autorités publiques. C’est au terme de ce processus, indique M. Senghor, qu’une table ronde des bailleurs sera organisée pour assurer le financement des actions.
mamewoury@lequotidien.sn

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