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Le vice-amiral Cheikh Bara Cissokho, sous-chef d’état-major général des Armées sénégalaises, et l’ambassadeur de France au Sénégal, M. Chris­to­phe Bigot, ont présidé hier à la base des forces de la zone militaire n°7 le symposium des chefs d’état-major des forces aériennes régionales. Une occasion pour eux d’échanger sur les questions urgentes de l’heure.

Le vice-amiral Cheikh Bara Cissokho, sous-chef d’état-major général des Armées sénégalaises, précise l’enjeu de la rencontre des patrons des Armées de l’air de la sous-région : «Au-delà des aspects sécuritaires, de parler plutôt de questions de formation, à savoir comment faire pour régler le problème de la formation qui se pose à toutes les Armées de l’air qui ont pratiquement la même configuration.» M. Cissokho pense qu’aujourd’hui avec «la raréfaction des places offertes par les partenaires, l’ouverture de l’Ecole de l’armée de l’air à Thiès offre de belles perspectives pour régler cette question de formation qui se pose aux pays de la sous-région». Il doit s’agir, selon lui, de «prendre cette question à bras-le-corps, de développer une formation efficiente pour les besoins nationaux, et ensuite pour les besoins des pays amis». Revenant sur «la place de l’Armée de l’air face à l’insécurité galopante dans la sous-région, accentuée par l’affluence du terrorisme», le vice-amiral Cheikh Bara Cissokho fera savoir que «l’Armée de l’air a un rôle majeur à jouer dans cette lutte contre l’insécurité et la criminalité galopante. Ses capacités en vitesse, en puissance de feu, en reconnaissance et en renseignement lui donnent toute sa place dans cette situation. Il va donc de soi qu’aucune autre Armée ne peut faire sans l’appui de l’Armée de l’air. La troisième dimension est absolument indispensable et il faudrait qu’on la développe à tous les niveaux et dans tous nos pays». Pour le sous-chef d’état-major général des Armées sénégalaises, «il faudrait absolument que cette dimension soit bien prise en compte, avec la nécessité de développer des capacités de renseignement, d’attaque et de projection». Il pense que «cela va de soi, puisqu’on ne pourrait jamais faire sans une Armée de l’air bien développée et entraînée». Le symposium tenu à l’Eaa, à la base des forces de la zone militaire n°7, a permis aux chefs d’état-major des forces aériennes régionales d’échanger sur des questions qui les intéressent au plus haut niveau. Surtout sur les voies et moyens de développer la coopération sud-sud dans tous les domaines : la formation, la prise en compte des différentes questions relatives à la sécurité sous-régionale, vu la  participation de délégations de treize pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte-d’Ivoire, Gabon, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, République du Congo, Togo, Sénégal) et de la France.

Ecole de l’Armée de l’air de Thiès : La France pilote son soutien

Saluant la qualité du travail fait par l’Armée de l’air sénégalaise pour «créer cette belle école de Thiès», l’ambassadeur de la France, M. Christophe Bigot, soutient, pour sa part, qu’au-delà «de la formation de pilotes de l’Armée sénégalaise, l’Eaa a une ambition régionale. Une mission régionale qui se manifeste par la présence de quelque 13 pays à cette rencontre. Une présence régionale qui démontre la qualité de la formation offerte par cette école». Il pense qu’il faut ainsi mutualiser les formations comme le pensent d’ailleurs plusieurs pays. «Au lieu de voir chaque pays avoir son école, pourquoi ne pas, à Thiès, avoir une école de grande qualité qui puisse former les pilotes de la région, non seulement en Afrique de l’Ouest, mais aussi en Afrique Centrale ?» M. Bigot pense que l’Afrique en a besoin. Il s’explique : «Nous avons vu sur les théâtres d’opération au Mali, en Centrafrique ce qu’on appelle la troisième dimension. Il fallait donc renforcer la composante aérienne pour pouvoir traiter ces conflits. Et cette école, en formant des pilotes de haut niveau, va y contribuer.» Il ajoute : «C’est aussi un projet qui se veut exemplaire dans la mesure où il cultive des partenariats importants, des partenariats universitaires et scientifiques. Comme par exemple la contribution de l’Ecole polytechnique de Thiès à ce projet. Nous trouvons important qu’il y ait une dimension civile dans la formation des pilotes, leur permettant de s’ouvrir à d’autres aspects.»
Par ailleurs, l’ambassadeur de France considère que son pays joue son rôle de partenaire. «La France voit dans cette école un projet très ambitieux, remarquable. Nous y contribuons à notre mesure en cédant des avions. Nous allons continuer à apporter une aide en forme d’expertise, de coopérants, d’enseignants pour contribuer à la quête de l’efficacité. Nous sommes persuadés que ce projet sera un très beau succès. Lequel succès va aussi contribuer à apporter des moyens supplémentaires à cette école de l’Armée de l’air à Thiès.» M. Bigot  de poursuivre pour dire que tout cet ensemble contribue à la sécurité régionale et intéresse en premier lieu les Africains. Non sans dire que son pays est engagé et solidaire dans cette région. «La France, à travers des interventions (Centrafrique, Mali), a démontré qu’elle était prête à payer de cette solidarité la vie de ses soldats. Nous allons renforcer notre action, aussi bien dans le cadre de l’Ecole d’application de l’Armée de l’air (Eaa) que dans celui d’autres projets que nous menons avec l’Armée sénégalaise, que ce soit en termes de formation, d’équipement etc.», car il est d’avis qu’aujourd’hui, «personne ne peut rester seule ; d’où la nécessité de favoriser les coopérations entre pays africains, aussi avec un certain nombre de partenaires en vue d’un appui en équipement, en formation, en renseignement et de la montée en puissance des armées africaines». Il rappelle que «l’Armée sénégalaise contribue à la paix, à la stabilité en Afrique et dans le monde, une armée qui contribue comme septième pays dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies».
nfniang@lequotidien.sn

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