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Des chefs d’état-major marins, des commandants de côtes et leurs partenaires industriels et commerciaux sont en conclave depuis hier, à la base navale Amiral Faye Gassama de Dakar, sur la sécurité maritime en Afrique en général et dans le Golfe de Guinée en particulier.
L’objectif de ce forum de deux jours est d’échanger entre acteurs pour remonter les différentes expériences et stratégies afin de pouvoir sortir une synthèse qui sera adaptée à chaque Nation selon ses caractéristiques. Cela, pour sécuriser les eaux de la sous-région et de l’Afrique en général. Pour ce faire, les marines ont besoin de ressources humaines de qualité et en quantité. Il faut également des infrastructures nécessaires à l’épanouissement de ces ressources aussi bien dans le cadre individuel que collectif. Mais les marines doivent surtout être dotées d’équipements adaptées au contexte actuel dans les mers. «Egalement, il faut que les marines aient les stratégies, les textes réglementaires qui permettent d’harmoniser les positions des uns et des autres, car il n’y a pas de frontière en mer», a préconisé le contre-amiral Momar Diagne. Le chef d’état-major de la Marine nationale estime que la meilleure solution reste la coopération entre les marines. «Il faut que tout le monde ait sensiblement la même législation afin d’éviter que les malfaiteurs puissent passer d’un pays à l’autre», a plaidé le contre-amiral Diagne. Cependant, au niveau local, il n’y a pas de péril en la demeure. «Jusque-là par rapport aux risques qu’il y a dans nos eaux, la Marine nationale est très bien équipée. Aujourd’hui, elle est en anticipation sur ce qui pourrait arriver si jamais on commençait l’exploitation du pétrole et du gaz. Les moyens existants permettent de faire face aux risques actuels et dans quelques années nous serons aptes à faire face à toutes les menaces multiformes», rassure le chef d’état-major de la Marine nationale.
«La réponse nationale ne suffit pas», dira le ministre des Forces armées pour qui la coopération entre Etats reste indispensable. Sidiki Kaba a fait part de la volonté du chef de l’Etat de doter la Marine nationale d’une capacité à la fois dissuasive et réactive pour pouvoir faire face aux enjeux sécuritaires, notamment les menaces protéiformes et asymétriques auxquels il faudrait faire face. En effet, souligne Me Kaba, les opérations marines conjointes, le renforcement de l’interopérabilité, la formation et l’entraînement des marins, l’identification des besoins capacitaires et de solutions techniques innovantes sont autant de questions fondamentales à prendre en compte pour asseoir une bonne stratégie de sécurité maritime. Aussi, la coordination entre autorités maritimes, les industriels et le secteur des hydrocarbures demeure pour lui un sujet incontournable.
Pour le ministre, la sécurité maritime en Afrique demeure un des premiers défis du continent. Par conséquent, estime-t-il, «l’importance stratégique de la sécurité de nos zones maritimes ne saurait être sous-estimée».
Afin de saisir toutes les opportunités économiques qu’offrent les mers et les océans, le ministre invite à protéger et sauvegarder «nos espaces maritimes». Ce qui constitue une exigence d’autant plus forte que les risques et les menaces qui pèsent dans le domaine maritime se développent et que les stratégies pour les combattre sont complexes.
Par ailleurs, la prise en charge de ces menaces nécessite, d’après Me Kaba, une approche globale et une étroite coopération internationale.
Selon Me Sidiki Kaba, les enjeux du forum dont l’anticipation et la prévention vont donner de meil­leures solutions pour faire face aux menaces qui frappent le Golfe de Guinée, le Golfe d’Aden. Ce forum sur la sécurité maritime en Afrique intervient dans le contexte de célébration des 45 ans de la Marine nationale. Au menu des activités, une exposition et des panels.

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