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Sédhiou a vibré lundi au rythme de la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation (Jma). «Changeons l’avenir des migrations. Investissons dans la sécurité alimentaire et le développement rural» est le thème de cette 37e édition.

A la tête d’une forte délégation, le ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, chargé de l’accompagnement et de la mutualisation des organisations paysannes, est largement revenu sur la pertinence du thème et le choix de Sédhiou, confrontée au phénomène de l’émigration, pour abriter un tel événement. «La migration n’est pas la solution pour un développement de nos communautés et collectivités», prévient Moustapha Lô Diatta qui déclare que  le départ des jeunes de leur milieu d’origine vers les grands centres urbains et des pays étrangers reste très préoccupant. «Le Sénégal est passé d’un pays d’accueil à une Nation pourvoyeuse d’émigrants. Cette transition a été à l’origine de beaucoup de désagréments au sein des familles, mais surtout pour l’agriculture au sens large du terme», renseigne-t-il. Donnant les causes de ce phénomène qui prend de l’ampleur au Sénégal, il a souligné que «l’affaiblissement de l’agriculture suite à la grande sécheresse et programme d’ajustement structurelle a servi de déclic à une migration massive de la main-d’œuvre agricole de notre pays». Les conséquences d’une telle situation sont énormes. «Cela a complétement sapé le développement rural et ralenti considérablement la capacité de notre pays à réduire l’insécurité alimentaire», relève le ministre délégué.
Moustapha Lô Diatta de rappeler. «Au Sénégal, la réponse au flux migratoire passe par le développement et l’attraction de l’agriculture conformément à la vision stratégique du chef de l’Etat défini dans le plan Sénégal émergent». Il reste persuadé que «la conviction forte du chef de l’Etat est qu’il est possible de changer radicalement le visage du Sénégal grâce à l’agriculture».
Dès lors, «sous l’impulsion du président de la République Macky Sall, le gouvernement a initié d’important programmes agricoles en cour d’exécution parmi lesquels le Programme de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Paracas)  dont la deuxième phase sera bientôt opérationnelle».

13 mille 600 emplois créés par Anida
Créée pour promouvoir le développement d’une agriculture moderne, l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida) a réalisé 104 fermes «Natanguées» avec 13 mille 600 emplois créés, annonce le ministre qui a fait un tour au Domaine agricole communautaire (Dac) de Séfa, implanté dans la commune de Koussy. Séduit par les réalisations, il a rappelé que ces périmètres agricoles ayant le statut de Pme rurale sont créés au profit des femmes et jeunes. «Le Dac de Séfa mobilise 11 mille 136 jeunes», indique M. Diatta qui se félicite également de la mise en place progressive du Programme national d’investissement agricole du Sénégal (Papsen).

Encourager le retour des migrants
Listant une batterie de mesures mises en branle par le Sénégal pour prendre en charge la question migratoire, le ministre délégué a clairement montré la volonté affichée de l’Etat qui ne veut pas rester les bras croisés devant un phénomène qui prend de l’ampleur. «Le défi pour nous est de trouver la meilleur articulation entre les transferts de migrants et les programmes et projets locaux de développement et particulièrement dans le domaine de l’agriculture. L’objectif est de faire des jeunes des entrepreneurs agricoles et les fixer dans leur territoire», dit-il.
Dans ce sillage, le ministre a cité l’exemple de Sissao Dramé, un jeune migrant qui est volontairement retourné au bercail pour mettre en place une ferme avicole de référence à Sédhiou, grâce à l’appui de l’Etat. «Si on est bien formé et bien accompagné, on peut faire des miracles», plaide Sissao qui a retrouvé le chemin du retour et se bat aujourd’hui pour étendre sa ferme «cocorico», implantée dans la périphérie de la capitale du Pakao.

«Le slogan ‘’Sédhiou nourrit Sédhiou’’ ne doit pas être
un vain mot»
Se félicitant du choix porté sur Sédhiou pour abriter la célébration de la 37e édition de la Jma, la vice-présidente du Conseil départemental souligne que «Sédhiou est classée parmi les régions les plus pauvres du pays avec plus de 63,8% de la population qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté».
Combé Mbaye est d’avis que cette situation freine considérablement l’envol économique de la zone. L’agriculture, activité dominante de la population, peine à répondre aux besoins sans cesse croissants de cette même population. Et pourtant, la région est suffisamment arrosée grâce à une pluviométrie abondante et des cours d’eaux. Cette énorme potentialité encourage les producteurs et productrices à braver les difficultés pour subvenir aux besoins alimentaires de leur famille.
La présidente qui a magnifié l’engagement de l’Etat aux côtés de ces braves producteurs à travers la mécanisation de l’agriculture et l’allègement des travaux domestiques des femmes par l’équipement progressif des associations de producteurs a interpellé le ministre sur la lancinante question de la divagation des animaux, une triste réalité à Sédhiou. «Elle anéantit chaque année l’effort des producteurs, mais surtout des femmes dont les cultures sont transformées en fourrage», se désole Combé Mbaye non sans rappeler à l’intention du ministre que «les producteurs de Sédhiou adhèrent à l’ambitieux programme du Président Macky Sall à travers le programme national d’autosuffisance en riz».
«Votre présence à nos côtés nous honore et nous encourage à aller de l’avant pour que le slogan ‘’Sédhiou nourrit Sédhiou’’ ne soit pas un vain mot», conclut la vice-présidente.
odemba@lequotidien.sn

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