PARTAGER

Un atelier de partage sur leurs outils de gestion a permis aux animateurs des Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) de la région de Sédhiou d’étaler les difficultés auxquelles ils font face. Ces écueils tournent autour de leur statut, la prise en charge du personnel et l’entretien de ces cadres de lecture et la gestion des livres.

Les bibliothèques sont faiblement fréquentées au sud du pays. En effet, ce n’est plus le rush dans les Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) implantés dans les régions de Sédhiou et de Kolda. C’est du moins ce que laissent entendre ceux qui y assurent l’animation et qui ont pris part ce vendredi à un atelier de partage sur leurs outils de gestion. La rencontre est initiée par le coordonnateur du Réseau des Clac de Sédhiou et de Kolda, Aliou Kéba Badiane, par ailleurs directeur du Centre culturel régional de Sédhiou. Elle s’est tenue à la salle de conférence de la station Total de Bacoum et a donné l’occasion aux animateurs de dresser une longue liste de doléances. Celle-ci met à nu la démission des collectivités locales quant à leur engagement lié à la prise en charge du personnel et de l’entretien du cadre de lecture, la gestion des livres, entre autres, et interpelle l’Etat.
A Sédhiou commune par exemple, le Clac est privé de courant électrique depuis des mois. Alertées par cette situation, les autorités municipales se contentent de promesses.
A Tanaff, faute de rayons, une quarantaine de cartons de livres octroyés par l’Organisation inter­na­tionale de la Fran­cophonie (Oif) attendent d’être mis à la disposition du public. Une toiture mal faite transforme le Clac de Kounkané dans la région de Kolda en lac artificiel durant l’hivernage. Le cri du cœur de l’animateur semble tomber dans l’oreille d’un sourd. Ailleurs, l’eau et les toilettes restent un luxe pour le personnel et les visiteurs.
La principale difficulté à laquelle les animateurs font face est surtout liée à leur statut souvent précaire. Si certaines mairies acceptent de mettre la main dans la poche pour prendre en charge le second animateur à travers des appuis ponctuels, ce n’est pas le cas pour d’autres qui, pour des raisons politiques, menacent même de les muter ou de les licencier.
C’est pourquoi, parlant au nom de ses pairs, Alphousseyni Diao invite l’Etat à voler à leur secours. Il s’agit surtout de prendre en charge la motivation de ce deuxième animateur engagé par les collectivités et souvent mis en rade. «C’est pour nous encourager à faire ce travail qui participe à la formation et à la sensibilisation de masse», plaide-t-il.
Initiateur de cette rencontre de partage, Aliou Kéba Badiane soutient que l’objectif est de faire la promotion du livre et de la lecture, mais surtout de permettre aux participants de mieux s’imprégner des textes qui régissent les Clac et de se familiariser avec leurs outils de gestion ; ce qui permettra d’éviter les conflits et d’établir un dialogue franc entre les différentes parties.
Les Clac, une trouvaille de l’Oif, visent à promouvoir la lecture publique en milieu rural et dans l’espace francophone. De­puis le lancement du programme en 1986, 225 bibliothèques de ce genre sont implantées dans 18 pays. Au Sénégal où ce programme a démarré en 1988, 16 Clac dont 9 dans les régions de Kolda et Sédhiou sont enregistrés.
odemba@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here