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A la commune de Diendé, le Collectif des victimes des «lotissements litigieux» et le maire sont à couteaux tirés. Il s’agit d’habitants des villages de Kounayan Diola, Kounayan Mankagne, Badiandiang, Bacoum Mankagne et Bacoum Mandingue qui dénoncent une «spoliation foncière». Pour l’instant, le dialogue avec le «maire» de Diendé, située à l’entrée nord de Sédhiou, semble rompu. Et les populations demandent l’arbitrage du président de la République pour réparer une «injustice».

«Nous sommes réunis ici pour manifester notre désarroi et notre refus face à la politique d’expropriation de nos terres par la mairie de Diendé», déclare le président du Collectif des victimes de lotissements litigieux à Diendé. Yaya Massaly dit Kékoroba soutient que la municipalité «a démarré un lotissement à Bacoum alors qu’elle n’a trouvé aucun accord avec la population sur les conditions de réalisation de ce projet». Leur grief porte sur «le nombre surélevé de lots prévus qui s’élèvent à 3 810 et qui ne laisse aucune surface cultivable à la population alors que le besoin n’existe pas». Des victimes déplorent «une répartition injuste et injustifiée de quotas qui octroient d’office plus de 50% des lots à la mairie, alors qu’auparavant, sous le prétexte fallacieux de payer les frais de ce même lotissement, la mairie a abattu et vendu des centaines de troncs d’arbre en complicité avec le service des Eaux et forêts de Sédhiou au moment où la coupe de bois était formellement interdite sur toute l’étendue du territoire national». Elles «reprochent aussi au maire d’imposer un frais de bornage exorbitant et fantaisiste de 100 mille F Cfa à 125 mille F Cfa par lot du quota de la mairie». Ce taux, selon le président du Collectif, «n’existe dans aucune commune des trois régions de la Casamance». Pis, «pour couronner toute la mafia qui entoure ce lotissement, la mairie décide de faire laisser une emprise de 100 m autour de la route nationale parce qu’elle veut s’adjuger de tous les lots situés en face de celle-ci».
Brandissant le décret n° 2009-1450 du 30 novembre 2009 publié par le ministère de l’Urbanisme, de l’habitat et de la construction du Sénégal en son article 220, M. Massaly relève des irrégularités. Il dit : «L’autorisation de construire ne peut être accordée pour une construction destinée à l’habitation si elle est édifiée à moins de 50 mètres de part et d’autre de l’axe des autoroutes, 25 mètres de part et d’autre des routes d’intérêt général (routes nationale, départementale… voiries rapides urbaines).» Insistant sur cet article, il exprime le désaccord total de la population. «Nous sommes prêts à nous battre par tous les moyens même mystiques pour faire respecter notre droit de propriété qui est bafoué par le maire et ses collaborateurs», martèle-t-il. En tout cas, ces manifestants dénoncent l‘attitude des autorités locales qui semblent «faire la sourde oreille» face à leur préoccupation. «Nous avons adressé une correspondance depuis le 14 octobre 2019 au sous-préfet de Diendé, au préfet et au gouverneur de Sédhiou pour les alerter. Nous sommes aussi allés rencontrer le sous-préfet de Diendé à deux reprises», renchérit M. Massaly. Loin de désespérer, des populations des villages de Bacoum et environs demandent «l’arbitrage du chef de l’Etat pour que cette injustice malencontreuse soit réparée». Joint par téléphone, le maire Pape Amadou Diallo préfère pour l’heure garder le silence. «Je compte réagir après avoir rendu compte au Conseil municipal», repousse-t-il.

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