PARTAGER

Il n’y a pas eu de cours ce mardi dans les lycées et collèges de la commune de Sédhiou. Des élèves du lycée Balla Moussa Daffé ont paralysé le système scolaire pour réclamer plus de sécurité et de meilleures conditions d’étude. La route latéritique qui mène à ce deuxième lycée de la commune est à l’origine d’un nuage de poussière qui perturbe le trafic et provoque souvent des accidents sur ce tronçon de la boucle du Boudié. Excédés par cette situation, les lycéens très en colère ont investi la rue pour envoyer «un signal fort» aux autorités locales à travers ce mouvement de grève. «Nous voulons étudier dans de meilleures conditions», scandent-ils. Après avoir délogé leurs camarades du lycée Ibou Diallo et des établissements moyens dont des privés de la commune, les grévistes ont tenu une Assemblée générale suivie d’une marche à travers les artères de la ville. Leur volonté de rencontrer le gouverneur s’est heurtée au refus de la Police municipale. Il s’en est suivi une intifada qui a duré des heures.
A coup de lacrymogènes, des éléments du Commissariat urbain ont dispersé une foule d’élèves qui tenaient à être reçus par le gouverneur. Sans succès. Ils réussiront néanmoins à rencontrer le deuxième adjoint au maire de la commune. Conduits par le président du gouvernement scolaire du lycée Balla Moussa Daffé, les élèves ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une menace réelle à leur sécurité. «La route qui mène à notre lycée est très poussiéreuse. Chaque semaine, on y enregistre au minimum 4 à 5 accidents dont le dernier cas remonte d’il y a deux jours», explique Boubacar Dary. Le porte-parole des grévistes renseigne : «Au moins 2 200 élèves empruntent cette voie pour accéder aux six écoles qui se trouvent en bordure. L’année dernière, des lycéens ont envahi la route pour attirer l’attention des autorités. Grâce à l’intervention d’une entreprise qui opérait dans la commune, des séances d’arrosage de la route ont permis de calmer l’ardeur des potaches.» Cette fois-ci, ils sont déterminés à poursuivre leur mouvement pour se faire entendre au sommet. «Le gouverneur qui nous a reçus la semaine dernière nous a fait comprendre qu’il a dépensé deux millions l’année dernière sur la question et qu’il n’est plus en mesure de satisfaire notre revendication», déplore Boubacar Dary qui parle de risque de pertes en vies humaines. «Il ne faut pas qu’on attende que l’irréparable se produise pour agir avec des enveloppes qui ne serviront pas à panser la plaie», déclare le porte-parole qui réclame, à défaut d’un arrosage régulier, le bitumage de la bretelle. Réa­gissant à cette complainte des élèves, l’adjoint au maire promet de transmettre le dossier au Conseil municipal, après avoir appelé les élèves au calme. Tout en restant prudent : «A l’impossible nul n’est tenu», dit-il aux grévistes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here