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La sécurité sanitaire mondiale est au cœur des préoccupations des Etats-Unis d’Amérique. Son ambassadeur au Sénégal l’a fait savoir à Bounkiling, première étape d’une visite de 24 heures qui l’a également conduit dans la commune de Sédhiou. «Ce qui se passe ici au Sénégal ou ailleurs peut se produire très vite aux Etats-Unis et ailleurs sur la planète», explique Tulinabo Salama Mushing. Pour mieux étayer ses propos, il a cité l’exemple de la maladie à virus hémorragique. «Ebola a commencé dans les pays limitrophes du Sénégal. Et tout d’un coup, l’Europe et les Etats-Unis commencent à s’en inquiéter. Un autre exemple avec la fièvre de la dengue. On pensait que c’était seulement la région de Louga qui était concernée et voilà que tout d’un coup la maladie gagne Dakar, la capitale», explique-t-il. Dans un contexte de village planétaire,  «vous pouvez dormir à Dakar et aller passer la journée à New York et vice-versa. Et si vous êtes porteur de la maladie, vous contaminerez les autres. Donc, on doit travailler en inter-connectivité». Compte tenu de cette situation, l’ambassadeur s’est félicité de l’engagement des autorités sanitaires du Sénégal dont les efforts ont permis de dépenser à bon escient l’appui financier du Peuple américain à travers plusieurs projets.
Accueilli dans une ambiance folklorique qui l’a emballé au point d’esquisser des pas de danse, M. Mushing a salué le rôle des «Bajeenu gox» dans la sensibilisation des populations pour la prise en charge des femmes enceintes dont la situation reste critique à Bounkiling. En effet, «le taux de couverture en Traitement préventif intermittent (Tpi 3) reste encore faible, avec 45% en 2016 contre seulement 13% cette année», souligne Arame Mbaye Cissé, coordinatrice de la santé de la reproduction au district sanitaire de Boun­kiling. Pour inverser cette tendance, le programme Usaid/­Neema, financé par le Peuple américain, est mis sur orbite. Ce projet permet de former les sages-femmes, les «Baajenu gox», souffle le médecin-chef de la région médicale de Sédhiou.
Interpellé sur la situation sanitaire de Bounkiling, notamment la prise en charge des femmes enceintes, Amadou Yéri Camara soutient que des efforts sont en train d’être faits pour améliorer la situation. «La baisse du taux de couverture du Tpi est un phénomène global sur l’ensemble du territoire sénégalais et qui est dû à l’indisponibilité du médicament qui est utilisé. Maintenant, l’Etat du Sénégal a pris des mesures pour résorber ce déficit», renseigne le médecin-chef.
Par ailleurs, le préfet de Bounkiling a profité de la présence de son excellence l’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal pour souligner le cas spécifique de la commune de Kandiong Mangana. Cette collectivité locale est dépourvue de poste de santé. «Certes avec l’insécurité personne n’osait s’y aventurer, mais maintenant que la paix est de retour, il y a lieu de créer des infrastructures de santé dans cette zone de frontière», plaide Abdoul Wakhab Talla.
odemba@lequotidien.sn

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