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L’Unité de recherche en ingénierie culturelle et en anthropologie (Urica) de l’Ucad a ouvert hier à l’Ifan un atelier international autour du hajj en Afrique de l’Ouest et au Maghreb. Dénommé «100 years of hajj memories in West Africa and the Maghreb (1900-2000)», cet atelier réunit durant 3 jours des archéologues, sociologues, anthropologues, linguistes d’universités du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Maroc, ainsi que des étudiants chercheurs. Il vise à terme, à inciter ces derniers à s’intéresser davantage à la question du hajj et à accompagner les décideurs à mieux gérer le pèlerinage.

Le hajj fait partie des 5 piliers de l’islam et pourtant au Sénégal où l’on note une forte communauté musulmane, la mémoire du hajj reste encore peu exploitée. Selon le directeur du laboratoire Urica affiliée à l’école doctorale Ethos (Etude sur l’homme et la société), Ibrahima Thiaw, «il y a certainement beaucoup de choses qui ont été faites sur le hajj, mais dans une perspective de muséalisation c’est un peu rare chez nous». Ce dernier qui a initié avec le professeur Dean Rehberger de Michigan State University, un atelier sur le hajj en Afrique de l’Ouest et au Maghreb, a noté hier, lors de l’ouverture dudit atelier, la «richesse extraordinaire» mais souvent «inexploitée» du hajj. Il s’agira donc durant les 3 jours que dure cet atelier sur le hajj, d’outiller les chercheurs et permettre aux professeurs venant de différents endroits  Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Maroc, d’échanger et de s’imprégner davantage de la question, de revisiter cette mémoire du hajj pour la faire revivre et la partager à d’autre centaines de milliers de personnes qui n’ont pas pu faire le voyage, soit parce qu’elles ne sont pas autorisées ou n’en ont pas les moyens.
Les récits, témoignages, objets, sons et autres images collectés serviront ainsi à renseigner sur cette expérience importante dans la vie de tout musulman, et à voir comment cette mémoire, cette pratique a évolué en 100 ans (c‘est-à-dire de 1900 à 2000 et dans l’espace (Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Maroc). «Ce sont des expériences que nous souhaitons capter, faire revivre, et préserver parce que c’est d’une richesse inouïe qui n’a pas été systématiquement exploitée», a dit M. Thiaw. Dans un monde marqué par la présence de plus en plus forte de l’islamophobie, ce dernier est plus que convaincu de l’intérêt de former les étudiants et de contribuer à l’éducation des cultures du monde. «A travers ce partage, tout le monde peut apprendre et on évitera à partir de cet apprentissage, de retomber dans les mêmes erreurs», a-t-il confié.
Et par ailleurs, il indique que les recherches qui découleront de cet atelier pourront aussi être d’un apport considérable pour les décideurs. «En impliquant de plus en plus les étudiants dans des recherches de ce genre, qui touchent à la vie intime des gens, l’université peut venir en appoint aux efforts des pouvoirs publics… L’étude peut aider à accompagner les décisions politiques liées à l’organisation du pèlerinage à la Mecque», a-t-il mentionné.
Les pouvoirs publics pourront ainsi sentir un certain soulagement et faire face aux multiples défis d’organisation et de gestion du hajj grâce à l’analyse des données prélevées de ces études.
Pour le professeur Dean Rehberger  dont l’université, Michigan State University, soutient cet atelier à travers le programme Alliance for African partnership, c’est une aubaine de pouvoir collaborer avec le laboratoire Urica. «Nous vivons à un âge où il est crucial de se connaitre culturellement, de comprendre la culture de l’autre pour vraiment bien gérer nos rapports globaux. La collaboration est une dimension importante de la recherche, l’échange d’expériences», a-t-il déclaré.
aly@lequotidien.sn

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