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La 4ème session des réflexions sur les politiques culturelles a été consacrée à la danse. De cette rencontre présidée par Gacirah Diagne et Jean Tamba, deux chorégraphes, on retiendra que ce secteur a véritablement besoin de se structurer. De la formation en passant par la nécessité d’une création d’une Maison de la danse sans oublier la question de financement, les intervenants ont listé les problèmes auxquels le milieu de la danse est confronté.

Prendre en compte toutes les composantes de la culture et leur accorder une considération égale afin de leur permettre un épanouissement optimal,  c’est faire un pas essentiel vers l’amélioration qualitative du bien-être des professionnels du milieu et des populations. C’est dans cette optique que s’inscrivent les réflexions sur les politiques culturelles au Sénégal. Pour cette 4ème session organisée au Musée Théodore Monod, le débat portait sur la danse. Une occasion que saisit la chorégraphe et administratrice de la Maison des Cultures Urbaines de la ville de Dakar, Garcirah Diagne pour lister les grands évènements et associations de danse qui existent au Sénégal. Ce sont notamment, «le Battle national-danse hip hop, Urbanation Bboy,  Cypher Sénégal, Sunu street, The Dance hall,  Association Sénégal Battle, à Dakar, Arts hip hop  à Kaolack, Duo solo à Saint Louis». «Ils impulsent, portent, soutiennent l’engouement au­tour de la danse et ont généré des changements dans les mentalités, aussi bien des danseurs que des publics», a expliqué Gacirah Diagne qui a fait l’historique de la danse au Sénégal.
Ces évènements, indique Mme Diagne «ont permis de valider l’existence des acteurs et renforcé leur sentiment d’appartenance à une communauté. Ils leur ont également ouvert plusieurs champs de représentation de leur travail». Selon Gacirah Diagne qui a été formée à la danse africaine, afro-jazz, classique et contemporaine dans diverses institutions, dont l’Alvin Ailey Dance Center de New-York, avant de revenir au Sénégal en 2001, il existe dans le milieu des danses urbaines au Sénégal, environ 400 danseurs. Mais le plus grand problème du secteur mentionnera-t-elle, c’est l’absence de formation. «La première génération de danseurs hip-hop sénégalais s’est formée de manière autodidacte, un trait de caractère propre à la spontanéité du genre, à son esprit de dépassement», a-t-elle rappelé, mentionnant que c’est en 2005 que des initiatives privées de formation ont commencé à être portées. Et, «les sessions de formation, en plus d’être de courte durée, ne s’organisent qu’à Dakar».

Création d’une Maison de la danse
«Trop peu d’acteurs sont impliqués dans les métiers connexes de la danse, dont l’offre de formation officielle existe depuis près de 5 ans sous la forme du programme de Master multidisciplinaire incluant des enseignements théoriques et pratiques dans le domaine des arts et de la culture à l’Isac ou du Master Métiers des Arts et de la Culture proposé par l’Université Gaston Berger de St Louis, qui exige un niveau Licence pour y accéder. Une barre assez élevée pour la majorité des danseurs, qui pourraient s’y intéresser», a encore expliqué Gacirah Diagne. A l’en croire d’ailleurs, c’est pour cette raison que «les conditions d’accès et le curriculum de la future Ecole Nationale des Arts et Métiers de la Culture sont très attendus».  Mme Diagne, directrice du Festival Kaay Fecc a également profité de cette rencontre pour faire une plaidoirie pour la construction d’un espace d’expression propre aux danseurs. «A ce jour, les danseurs utilisent les espaces culturels existants, ce qui provoque une surcharge et souvent des conflits de calendrier avec la programmation de ces lieux», a-t-elle relevé, affirmant qu’une Maison pour la Danse serait la bienvenue. Cela croit-elle, va certainement impacter positivement la production, une des nombreuses difficultés du secteur.
Emboitant les pas de sa collègue, le chorégraphe Jean Tamba qui devait lors de cette session définir la place de la danse dans le Plan Sénégal émergent (Pse) a plaidé pour l’insertion de la danse dans le programme scolaire. Pour ce chorégraphe, au-delà de l’aspect festif, la danse pourra canaliser l’énergie négative et impacter la vie collective.
mgaye@lequotidien.sn

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