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Selon le Docteur et grand chercheur Abdoulaye Camara de l’Ifan, «les humains sont présents au Sénégal depuis plus de 350 000 ans. Les plus anciennes traces de la présence humaine ont été découvertes dans la vallée de la Falémé, au sud-est du Sénégal».
Ainsi, de l’empire du Ghana, entre IIème et XIème siècle, à l’accès à son indépendance au sein de la Fédération du Mali, un 4 avril 1960, le Sénégal a connu d’innombrables vicissitudes de l’histoire.
Vers 1080, après que l’empire du Ghana a cédé la place à celui du Tekrour (ou Tekror), arrivèrent les Almoravides (confrérie de moines guerriers d’origine berbère qui régna sur le Maghreb et l’Andalousie de 1061 à 1147) pour entreprendre l’islamisation du Sénégal actuel. Ensuite, fut né vers le XIIIème siècle, l’empire du Djolof dans la partie centrale du Sénégal actuel avant de s’élargir entre le XIIIème et XIVème siècles pour donner naissance au Grand empire du Mali dans la partie est sous le règne du fameux Kankan Moussa. Arrivèrent, après, les premiers colons (portugais) pour l’établissement des premiers comptoirs dans la presqu’île du Cap-Vert, à Gorée, Rufisque et Joal.
Après l’implantation des Hollandais à Gorée, la traite des Noirs entre colons y dura jusqu’à son abolition en 1848. C’est ainsi que, nous fûmes à la merci et au gré du colon jusqu’à la mise en place de la Loi-cadre de 1956 portant création des huit Etats autonomes (y compris le Sénégal) en Aof (Afrique Occidentale Fran­çaise créée en 1895).
Devenu République le 15 novembre 1958, avant d’accéder à la souveraineté internationale, après l’éclatement de la Fédération du Mali le 20 août 1960, le Sénégal est à son 4ème président de la République.
Depuis son indépendance, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. De Senghor à Sall en passant par Diouf et Wade, le Peuple sénégalais indépendant, a connu autant de styles de «gouverner» que l’on essaie modestement de qualifier respectivement de : précurseur, grand commis de l’État, audacieux et ambitieux…
– 1960 – 1980 : Léopold Sédar Senghor, le précurseur
Elu le 5 septembre 1960, premier président de la République sénégalaise, Léopold Sédar Senghor, «héritier du colon» avait du mal avec le type de «pouvoir partagé» trouvé en place. Ce qui le poussa, deux ans après son avènement à la magistrature suprême, à se séparer de certains de ses collaborateurs, notamment l’ancien Président du Conseil, Mamadou Dia, qu’il accusa le 18 décembre 1962 d’avoir porté atteinte aux droits du Parlement pour enfin exercer seul, l’ensemble du pouvoir exécutif.
Ce dernier arrêté et le chemin balisé, il entama tranquillement la mise en œuvre de ses nouvelles réformes pour la construction d’un Etat «centralisé».
Il ne perdra pas trop de temps puisque dès le 3 mars 1963, il fait approuver par voie référendaire la nouvelle Constitution avec institution d’un régime présidentiel.
Faisant suite à celle-ci, il créa le poste de Premier ministre et nomma le 26 février 1970 Abdou Diouf à ce poste. Il autorisa l’existence de 3 partis politiques d’idéologie différente (Ups devenu Ps, Pds et Pai).
En véritable symbole de la coopération entre la France et ses anciennes colonies, le Président Senghor entama un processus de renforcement des liens avec l’ancien colonisateur (visites des chefs d’Etat français Pompidou et Giscard d’Estaing) et positionna le Sénégal sur le plan international (médiateur du conflit au Moyen-Orient, réunion sur le prix des matières premières, 4ème conférence franco-africaine, en présence du président de la République française d’alors, rétablissement des relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Sénégal)…
– 1980 – 2000 : Abdou Diouf, le grand commis de l’Etat,
Ancien Premier ministre de 1970 à 1980, il succéda à Léopold Sédar Senghor, démissionnaire à la veille, le 1er janvier 1981, par intérim comme président de la République du Sénégal.
En grand commis de l’Etat, une fois élu en 1983, il continua dans la même voie que celle de son prédécesseur. Il poursuivra surtout, la démocratisation en mettant fin au «numerus clausus» au profit du multipartisme. Par ailleurs, le délit de presse fut également supprimé avant que la libéralisation progressive des médias ne soit initiée à son tour. Il entreprendra également, la modernisation de l’Etat à travers un modèle économique et industriel fort. Sans oublier le renforcement de la coopération sous-régionale par la création de la confédération de Sénégambie le 14 novembre 1981, suivie de son officialisation le 1er février 1982…
– 2000 – 2012 : Abdoulaye Wade, l’audacieux
Au bout de 26 ans d’opposition, Abdoulaye Wade est devenu président de la République le 19 mars 2000 avec 58,5 % des suffrages au second tour.
9 mois seulement, après son accession au pouvoir, Abdoulaye Wade prendra des décisions drastiques en supprimant simultanément le 9 décembre 2000, le Sénat et le Conseil économique et social.
Poursuivant toujours dans son audace, une nouvelle Constitution réduit en 2001, le mandat présidentiel de 7 à 5 ans avant qu’il ne le ramène 6 ans après, au format initial. L’Assemblée nationale, au sein de laquelle le Parti socialiste était majoritaire fut dissoute le 5 février 2001 pour laisser place à une autre, composée, cette fois-ci, d’une écrasante majorité totalement acquise à sa cause.
Impossibilité de partage du pouvoir faisant, il commença à se séparer de ses compagnons de combat. De Moustapha Niasse à Macky Sall en passant par Idrissa Seck et autres, tout le monde y passe.
Prônant une politique libérale ouvertement revendiquée, le Président Abdoulaye Wade privilégia désormais, les investisseurs des pays du Golfe et de l’Amérique au détriment de ceux de l’Europe, notamment la France. Il appela à la création d’Etats-Unis d’Afrique et démarra de grands travaux d’infrastructures au niveau de la capitale, Dakar.
Après l’exposition du projet de loi déclarant l’esclavage «crime contre l’humanité» en février 2010, Abdoulaye Wade annonça également la fermeture de la base militaire française à Dakar avant de rompre nos relations diplomatiques avec l’Iran. …Le 23 juin 2011, face à la fronde populaire, il sursoit à son projet de dévolution monarchique du pouvoir qui le fait finalement perdre le 25 mars 2012….
– Depuis 2012 : Macky Sall, l’ambitieux
Ex-Premier ministre de son prédécesseur et démissionnaire de la présidence de l’Assemblée nationale, Macky Sall sort vainqueur de l’élection présidentielle avec 65,80 % des suffrages et prête serment le lundi 2 avril 2012.
Quelques jours après la nomination de son premier Premier ministre, Macky Sall procède à la réduction des prix des denrées de première nécessité. Fidèle à sa promesse de restriction du train de vie de l’Etat, il supprime 59 directions et agences jugées sans objet, diminue le salaire des directeurs généraux et annule certains contrats d’agents du Palais présidentiel. Par ailleurs, il fait augmenter d’année en année, le budget de l’Etat du Sénégal. Parallèlement, il initie une longue série de conseils des ministres délocalisés dans les différentes régions du Pays. Ce qui lui a permis d’être en contact direct avec les populations à travers leurs représentants locaux, de saisir leurs différentes préoccupations, mais également de décider avec elles de leur avenir.
Ainsi, deux ans après d’importantes décisions prioritaires prises, Macky Sall s’appuie sur son ancien programme de campagne «Yonnu Yokoute» et sur d’autres programmes existant avant 2012, pour mettre sur pied un programme, évalué dans un court, moyen et long terme, dénommé Pse (Plan Sénégal Émergent), dont l’objectif est de voir notre pays Emergent à l’horizon 2035. Ce grand projet, ambitieux certes, mais fort bien réalisable se matérialise à travers un premier Plan d’actions prioritaires (Pap) sur la période 2014-2018, estimé à un montant global de 9 685 milliards de F Cfa. Impliquant tous les secteurs de l’économie, ce Pap se décline autour des 3 différents axes stratégiques suivants : – la transformation structurelle de l’économie et de la croissance ; -le renforcement du capital humain ; et- la sécurité, paix et bonne gouvernance. Ce qui engage, dorénavant, plusieurs générations à la fois, et projette le Sénégal vers des enjeux d’envergure. ….
Qu’Allah Swt veille sur notre cher Sénégal Amen !

Elhadji Daniel SO
Homme politique

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