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Il est toujours difficile de dire «oui, je suis un casté». Mais n’oubliez jamais d’y ajouter fièrement «et alors» ! Jamais. Sous nos cieux, il faudra quand même bien oser le dire, il y a une dimension des choses qui nous échappe. Et il faudrait aller bien au-delà de toutes ces perceptions, de toute cette aliénation causée par la turpitude de nos vies, par le moulage que nous impose la société, par le manque de recueillement avec soi-même. Car, nul doute, c’est au plus profond de nous-même que nous pourrons trouver des réponses objectives à une situation qui perdure, j’ose le croire, pour rien.
Comment une ancienne doctrine traditionnelle des races et des castes peut-elle toujours nous porter préjudice ? Doctrines, mythes, fondés ou pas, depuis des milliers d’années, une partie de la population mondiale est prisonnière de la loi des castes. Cela, particulièrement au Sénégal.
J’ai remarqué une chose. Mes ancêtres étaient des «ceddo». Mon grand-père travaillait à l’usine, ma grand-mère était une vendeuse de poissons. Mon père était un militaire, l’un de ses fils est un pilote, l’une de ses filles une écrivaine.
Ce que je veux dire par-là, c’est que de génération en génération dans ma famille, les parents se battent pour que leurs enfants soient dans de meilleures conditions qu’eux n’ont été, que leurs ancêtres ont été. Leur plus ardent souhait est que leurs enfants réalisent plus que ce qu’ils ont eu à réaliser. Cette illustration d’une évolution positive et significative des membres de ma famille qui sont des «Guer» est valable pour des milliers d’autres familles «Guer» au Sénégal. C’est-à-dire que de génération en génération, nous devenons autre chose de meilleur.
Ce que je veux dire par-là aussi, c’est que de cette même manière nous aspirons à quelque chose de toujours mieux chez les «Guer», cela devrait être la même chose pour les castés.
Même si ce constat est retrouvé chez les «Guewel» avec leurs petits-fils qui occupent des rôles importants dans la société de nos jours. Cependant, ils sont persécutés d’une autre manière. L’on ne cesse de leur rappeler leur statut de castés. L’on ne cesse de leur dire non dans certaines circonstances, dont la plus fréquente est lorsqu’ils veulent se marier à des «Guer».
Oui, il y a toujours des «Guewel» qui poursuivent l’héritage de leurs ancêtres. Ils ont le droit tout comme chaque personne dans ce monde a le droit de vivre sa culture, d’être fière de cela, et que personne ne puisse utiliser cela contre eux, peu importe la situation.
Oui, il y a des «Guewel» qui ne veulent plus entendre de cet héritage. Et qui se battent tous les jours. Ils en ont le plein droit aussi.
Qu’en est-il alors de l’islam, de Dieu et les castés ?
Entre islam et castes, à mon avis, il faudrait choisir en toute objectivité. C’est l’islam qui a écrit en premier : les hommes naissent libres et égaux, mais le meilleur d’entre vous est celui qui craint Dieu et s’acquitte de ses prières. Nul doute que nos traditions au Sénégal ont réellement empiété sur la manière dont nous vivons notre religion. Qu’est-ce que le rang social ou sanguin devant l’universalité d’une religion aussi puissante que l’islam ? Mais aussi, que l’on justifie ce mépris des castés par le fait que l’on pense tout simplement qu’ils peuvent être des mauvaises personnes est grave. Car du côté des soi-disant «sang noble», il y a aussi des mauvaises graines.
De par le monde en fait, il n’y a que des Hommes dans toutes leurs différences, et ce qui compte le plus, c’est le fait que nous puissions vivre en parfaite harmonie.
Il est temps que tout cela cesse. N’oubliez jamais : dites toujours «oui je suis un casté» et ajoutez-y «et alors» ! Vous le valez bien.
Marie WADE
marie9233wade@gmail.com

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