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Awa Marie Coll Seck.

Le Sénégal ne dispose pas de loi qui encadre l’information médicale, selon les praticiens de la santé qui étaient hier en symposium sur la relation médecin-patient.

Le Sénégal ne dispose pas encore de textes législatifs ni réglementaires qui encadrent l’information médicale. Même si un cas pareil se présentait devant le Tribunal, pense Dr Joseph Mendy, «le juge ne manquera pas d’invoquer la jurisprudence française pour rendre justice». Il invoque ainsi la loi du 4 mars 2002 de la France, appelée aussi loi Kouchner, qui parle du consentement libre et éclairé du patient aux actes et traitements qui lui sont proposés, et son corollaire, le droit du patient d’être informé sur son état de santé qui constituent une obligation déontologique pour tous les médecins (…).
Le vice-président et secrétaire national de l’Ordre national des médecins du Sénégal s’exprimait hier au Cices à l’occasion d’un symposium sur la relation médecin-patient et dont le thème était «Les devoirs du patient, les limites du médecin». Fondée par un contrat médical, la relation entre le patient et son médecin doit reposer sur un échange d’informations compréhensibles afin de permettre au malade de respecter le traitement, prendre ce qu’il doit prendre, accepter les analyses nécessaires dans le cadre de la prise en charge de sa maladie, selon les praticiens de la santé. A partir de cette relation contractuelle découle un certain nombre de droits reconnus au patient.
Il s’agit du droit de choisir son médecin. «Le malade peut même quitter son médecin et ce dernier est dans l’obligation de lui faciliter cela en lui donnant les bonnes indications pour aller voir un autre médecin, le résumé de son dossier médical, la photocopie de ses examens pour permettre au médecin qu’il va désormais voir de pouvoir faire un bon diagnostic», analyse Dr Mendy. S’y ajoute le droit d’être informé, écouté et soulagé par son médecin. Pour le conférencier, l’époque où le médecin tenait en ignorance le patient et lui faisait respecter le traitement est révolue.
Aujourd’hui, il est obligé de mettre à la disposition du patient tous les moyens techniques de diagnostic et de traitement dont il dispose. En revanche, poursuit Dr Mendy, «le patient est tenu de respecter les prescriptions et de collaborer aux traitements». Le but recherché à travers le symposium est de conscientiser le malade sur ses droits et devoirs de participer au processus de soins à partir des éléments que lui donne le médecin sur sa santé et de faire son choix d’accepter ou pas le traitement qu’on lui propose. L’autre droit consiste à porter plainte en cas d’insatisfaction.

Limite des devoirs des médecins
Les médecins ont des devoirs dans l’exercice de leur fonction, mais ils sont limités au Sénégal par le système sanitaire lui-même. Tenu de mettre à disposition du patient tous les moyens de diagnostic et de traitement pour combattre la maladie, les conditions et l’environnement faussent parfois les performances du médecin. Il est aussi limité par des contraintes objectives : Les plateaux techniques faibles tout comme le sous-effectif ne lui permettent pas d’être disponible à tout moment ou d’offrir les soins qu’il faut aux patients.
ksonko@lequotidien.sn

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