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La Sénégalaise des phosphates (Sephos) va bientôt exploiter son gisement qui s’étend sur une superficie de 6 800 hectares, découvert dans le village de Ngassama, commune de Ngagne Diouf. Sur le point d’être délocalisées, les populations exigent qu’une solution viable et conforme à la réglementation en vigueur dans ce pays soit trouvée.

«Nous sommes sur nos terres et c’est à nous de savoir jusqu’où nous pouvons aller et quelles conditions nous pouvons accepter. Nous avons nos activités et nos projets ici à Ngassama. Alors s’ils veulent nous faire quitter, qu’ils y mettent les formes et les moyens. Ils ne peuvent pas avoir plus de droits que nous dans notre pays. Nous ne refusons pas de quitter, mais qu’ils nous mettent dans des conditions meilleures que celles dans lesquelles nous étions.» La précision des populations de Ngassama, dans la commune de Ngagne Diouf, département de Tivaouane, montre leur détermination. Elles dénoncent les conditions de délocalisation par l’entreprise minière la Sénégalaise des phosphates (Sephos). A la faveur d’un point de presse, elles soutiennent : «Il est hors de question que notre village soit délocalisé sans qu’au préalable la Sephos ne nous fasse des propositions acceptables» car, renseigne Bara Gassama, «les populations de Ngassama, les responsables de la Sephos et les autorités administratives peinent encore à trouver des solutions consensuelles sur les questions essentielles». Il s’agit, selon le porte-parole des populations, de «la question des impenses, mais aussi celle du site et des conditions de recasement». Il ajoute : «Le sous-préfet nous a appelés à une rencontre quelques jours avant le Magal de Touba pour nous informer de la décision de la Sephos de délocaliser notre village parce qu’elle doit démarrer les exploitations et qu’elle ne peut pas le faire avant cette délocalisation. Et qu’en conséquence, nous devons lui indiquer un site de notre choix afin qu’elle puisse commencer les travaux de viabilisation du site.» Ce qui est «une volonté de mettre la charrue avant les bœufs». A son avis, «il devait en principe y avoir un préalable relativement aux conditions de recasement, mais aussi de dédommagement compte tenu du tort et des pertes qu’on nous fait subir». Et de regretter : «Le représentant de la Sephos, lors de la rencontre, nous avait signifié que c’est le sous-préfet qui doit nous dire à combien vont s’élever ces impenses. Comme si la Sephos devait aveuglément répondre au doigt et l’œil de l’autorité administrative.» Aussi, le porte-parole des populations s’indigne de «la perception que ce représentant de la Sephos semble avoir des populations quand il nous sert la thèse que tout le minerais qui sera exploité, estimé à un peu moins de 7 000 tonnes par an, va servir à la fabrication d’engrais et donc pour l’intérêt des masses paysannes». Et de faire remarquer : «C’est comme s’il croit que nous ne savons pas que la matière première ne se vend pas Sénégal et qu’elle est exportée à coup de milliards de francs.» Pour dire, selon lui, tout «le scepticisme des populations impactées qui doivent négocier avec des partenaires qui déjà ne jouent pas franc jeu avec elles». Quid «des autorités administratives qui sont censées représenter les intérêts des populations et qui semblent dans cette affaire baisser les bras» ? Toutes raisons pour les populations de Ngassama d’appeler les autorités étatiques pour «qu’une solution viable et conforme à la réglementation en vigueur dans ce pays  soit trouvée. Nous ne voulons pas qu’on nous torde le bras en nous arrachant notre terre dans des conditions déplorables».
nfniang@lequotidien.sn

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