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Poursuivis pour séquestration, vol, usurpation de fonction et association de malfaiteurs, Mamour Faye et Malick Cissé ont comparu hier devant la barre de la Chambre criminelle de Dakar. Ils risquent 10 ans de prison ferme si les réquisitions du ministère public sont appliquées. Ils seront édifiés le 8 août prochain.

Mamour Faye et Malick Cissé, qui jouaient aux faux policiers, sont dans de beaux draps. Ils risquent 10 ans de prison à cause de cette mauvaise blague, qui leur a valu une comparution pour association de malfaiteurs, séquestration, vol et usurpation de fonction devant la Chambre criminelle. La scène remonte au 1er mai 2010.  Ce jour-là, Mamour Faye a eu écho que Fatoumata Bocoum a conduit sa fiancée chez un homme où elle a été violée. Mamour Faye a décidé de faire sa propre enquête en échafaudant un plan avec son ami Malick Cissé, un ancien gendarme. Ainsi, ils se sont rendus à Mermoz vers 19 heures pour attendre sagement Fatoumata Bocoum. A son retour du travail à 2 heures du matin, elle a été interpellée par Malick Cissé, qui s’est présenté à elle comme un policier. Ce dernier lui a demandé de le suivre.  Ils ont conduit de force  la dame à la Médina. Elle a été menottée, déshabillée avant de subir un interrogatoire. Le présumé complice de Mamour Faye, qui s’est fait passer pour un policier, a ensuite laissé le couple seul dans la chambre. Quand la dame s’est rendue compte que Mamour Faye s’est endormi, Fatoumata Bocoum s’est sauvée. Le lendemain des faits, la victime a dénoncé ces malfrats à la police. Elle a déclaré qu’ils se sont partagé le contenu de son sac estimé à 180 mille francs Cfa.
Arrêtés, les mis en cause ont reconnu les faits sans ambages. Le témoin, Babacar Ndiaye, un vigile, déclare avoir entendu des cris de détresse d’une dame. Et quand il est venu aux nouvelles, il a vu les accusés l’introduire de force dans un taxi. Quand il les a interpellés, ces derniers lui ont fait savoir qu’elle était recherchée par la police. Lors des débats d’audience, Malick Cissé  dit qu’ils n’ont pas conduit manu militari la dame Bocoum mais elle les a suivis de son propre gré. «Je suis un ancien militaire et je n’ai jamais commis d’usurpation de fonction. C’est après ma descente, que je l’ai rejoint avant de partir chez l’inspecteur. Je voulais aider mon ami. Je lui ai dit de nous suivre à la police. C’est le vigile qui a créé tout ce scénario. Je ne lui ai pas posé de question. Je laissais mes menottes à la direction», soutient-il. Prenant la parole, Mamour Faye précise avoir sollicité les services de Malick Cissé pour arrêter Mme Bocoum. Il  dit avoir regretté son geste.
Le substitut du procureur estime que les faits sont constants et les tentatives de dénégation soutenues par les accusés ne sauraient prospérer. «Ils n’avaient aucune prérogative d’aller interpeller la dame Fatoumata Bocoum», remarque-t-il. «En ce qui concerne l’usurpation, il faut noter que Malick Cissé s’est fait passer pour un policier pour empêcher l’intervention des populations. C’est un ancien gendarme qui fait aujourd’hui office de vigile dans une société. Les faits d’usurpation sont constants», précise le ministère public. Il a requis pour l’usurpation, 2 ans ferme contre Malick Cissé et l’acquittement contre son acolyte,  5 ans ferme pour le vol et une amende de 50 mille francs de Cfa contre tous. Pour l’association de malfaiteurs, il a requis 1 an ferme et 10 ans pour la séquestration en demandant la confusion des peines. Les conseils de la défense, trouvent que le Parquet veut aggraver la sanction. «Si mes clients étaient des bandits, elle n’aurait pas échappé à un viol», a remarqué l’avocat de la défense  qui  a en revanche plaidé une application bienveillante de la loi. La décision sera rendue le 8 août prochain.

justin@lequotidien.sn

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