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Le fils aîné de Serigne Mountakha Mbacké appelle les Africains à s’opposer à tous ceux qui tenteront un 3ème mandat. Serigne Kosso Mbacké met en garde, sans les nommer, Macky Sall du Sénégal et Ouattara de la Côte d’Ivoire.

C’est une voix rare qui a décidé de se faire entendre. Le fils aîné du khalife général des mourides s’est exprimée sur la situation politique au Mali, quelques heures après le coup d’Etat contre Ibrahima Boubacar Keïta. «Il est vrai que nous ne sommes pas des politiciens mais quand on est témoin de certaines choses, qu’on voit et entend, il devient un devoir d’élever la voix et de donner son point de vue. Le Président Ibrahima Boubacar Keïta a eu la confiance de ses compatriotes maliens qui l’ont choisi et a pris l’engagement fort de sortir le pays de ses difficultés. Sous ce rapport, les citoyens ont le droit de réclamer des comptes. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe partout. S’ils se rendent compte que celui qu’ils ont choisi est en train de dévier de la voie pour laquelle il a été élu, ils ont le devoir aussi de se lever et de dire non. C’est ce qu’ils ont fait. Et c’est ce qui se passe partout d’ailleurs», a dit Serigne Kosso Mbacké à seneweb.com.
Il est vrai que la crise malienne n’a rien à voir avec une question de 3ème mandat, mais le chef religieux n’a pas manqué de prévenir les autres pays de la sous-région d’éventuelles conséquences d’un forcing. Alassane Dramane Ouattara a annoncé sa troisième candidature, Alpha Condé a «pris acte» de son investiture par son parti en attendant sa confirmation et Macky Sall est attendu d’ici 2024. «Que ce soit ici, au Sénégal, ou en Côte d’ivoire, la question du 3ème mandat est en train de déstabiliser l’Afrique. Et pourtant ce sont des chefs d’Etat qui se sont solennellement engagés à faire deux mandats. Bien évidemment, la Constitution n’est guère le Coran dont on ne peut changer une seule virgule. Mais ce sont tout de même des hommes responsables qui ont juré de respecter leur parole. Si, à l’arrivée, les mêmes décident de se renier pour leurs propres intérêts, ce n’est pas normal et les populations doivent s’y opposer farouchement», a dit le fils aîné de Serigne Mountakha Mbacké.
Il dit aussi être en phase avec Ahmed Khalifa Niasse sur la crise politique malienne. Il explique : «La discrimination, quelle qu’elle soit, ne doit pas être admise dans une République. On ne peut pas décider que seuls ceux qui ont fait l’école française sont les meilleurs et doivent, seuls, avoir voix au chapitre. Ce pays nous appartient à tous. Le savoir n’est pas seulement une affaire de langue française ou autre. Ceux qui parlent l’arabe sont d’ailleurs plus nombreux que ceux qui parlent français dans le monde. Donc, nous, en tant que chefs religieux, disciples, nous devons refuser d’être confinés. Et ce combat doit commencer dès maintenant.»

1 COMMENTAIRE

  1. On peut discuter pour savoir si ceux qui parlent arabe sont plus ou moins nombreux que ceux qui parlent français points tout dépend de quel arabe on parle, et de toute façon le français passera en tête si ce n’est déjà fait, du fait de la démographie africaine.
    De toute façon, toutes les langues sont également respectables, quelque soit le nombre de locuteurs

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