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Le départ de la Sénégalaise des eaux du segment de l’exploitation​ et la gestion du service public de l’eau potable en milieu urbain  au profit de Sen’Eau, filiale sénégalaise de Suez, n’a pas porté du tort seulement aux travailleurs. A Saint-Louis, les sous-traitants, fournisseurs et prestataires de Sde sont aussi des victimes collatérales de ce changement. Plus de dix d’entre eux réclament des factures impayées à la Sde. Constitués en collectif, ils ont sorti un communiqué de presse au terme d’une rencontre aux fins de sensibiliser les autorités sur le refus de leur ancien partenaire de s’acquitter d’une dette estimée à plus de 15 millions de francs Cfa.
Ces chefs d’entreprise, qui ne savent plus à quelle saint se vouer, expliquent dans leur communiqué rendu public hier, avoir tout tenté auprès des responsables de la Sde pour rentrer dans leurs fonds, mais en vain. D’après leurs explications, la société leur doit des factures pour des travaux déjà exécutés et pour la réalisation desquels il leur a fallu contracter des dettes auprès de leurs fournisseurs. Selon eux, malgré leur insistance, les responsables de Sde sont restés de marbre. Devant cette situation, ils expliquent s’être alors rapprochés de la société Suez qui s’est déjà installée depuis trois mois dans ses nouveaux habits d’attributaire du contrat d’affermage de l’eau. Mais là aussi, c‘est un refus catégorique qui leur a été servi par le Directeur régional, Pape Abdou Mbaye, qu’ils ont rencontré pour lui expliquer la situation et du coup, voir s’il pouvait la décanter. Ce dernier leur a en effet expliqué que la Sde est toujours en activité pour le règlement de ces factures et qu’ils devraient se rapprocher d’elle pour recouvrer cette dette. Ces prestataires et sous-traitants, qui courent le risque de perdre définitivement leur argent dans la mesure où selon des informations qu’ils disent tenir de sources sûres les comptes de la Sde seront fermés le 31 mars 2020, interpellent le chef de l’Etat et le ministre de l’Eau et de l’assainissement pour «qu’ils réagissent avant qu’il ne soit trop tard». «Ainsi va le Sénégal, on fait travailler d’honnêtes citoyens qui ont investi leur argent et au retour on ne les paie pas», a déploré l’un de ces chefs d’entreprise, Magatte Seck, que nous avons interrogé en marge de la rencontre. Ce dernier déplore qu’au Sénégal l’Etat liquide des sociétés ou les privatise sans prendre en compte les préoccupations des prestataires qui ont eu à signer des contrats avec celles-ci. M. Seck et ses camarades n’écartent pas l’éventualité de saisir le médiateur de la République pour obtenir gain de cause, la voie judiciaire étant selon eux plus compliquée. «Ce sera une procédure pénible, longue et coûteuse, nous voulons alerter l’opinion, notamment les autorités de ce pays, pour qu’on puisse solder nos comptes avec la Sde», souligne Magatte Seck, qui dans la foulée déplore le fait que la Sde les nargue, alors que tous les services qu’elle avait commandés auprès d’eux ont été bien exécutés et réceptionnés dans le cadre de programmes financés par l’Etat du Sénégal qui doit donc, dans leur entendement, veiller à ce que la continuité du service soit assurée correctement.

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