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La colère des populations de Bargny ne retombe pas. Hier, elles ont encore dénoncé l’expansion continue du Pôle urbain de Diam­niadio sur leurs terres.

Les populations de Bargny s’inquiètent  de «l’élasticité» du Pôle urbain de Diamniadio qui grignote graduellement leurs terres. Ils ont étalé leur exaspération dimanche lors d’un point de presse organisé à quelques encablures des installations du Pôle.  «Le Pôle est assis sur les terres de Bargny  sur 1640 hectares officiellement mais de manière  officieuse c’est plus de  2000 hectares qu’ils ont pris.  C’est élastique car ils tirent à chaque fois qu’ils le veulent et la manière dont ils donnent les terres est anormale», a expliqué Libasse Ngom, propriétaire terrien, mettant toute les spéculations sur le dos de la Direction générale aux pôles urbains (Dgpu). Les contestataires sont d’autant plus remontés que la Dgpu s’adresse à toutes les communes environnantes du pôle sauf à la leur. «Elle parle avec tout le monde ; que ce soit ceux de Diamniadio, Bambylor, Rufisque ou Sangalkam mais pas avec les Bargnois», a déploré le porte-parole.  «Quand ses responsables sont venus ici ; ils n’ont pas trouvé une forêt mais des terres qui appartiennent à des familles qui les ont toujours exploitées en y pratiquant l’agriculture», a-t-il tonné à l’endroit de la structure que gère Seydou Sy Sall. D’après eux, même la nomination du préfet sortant de Rufisque Baye Oumy Guèye au poste de Secrétaire général de la Dgpu s’inscrit dans la dynamique d’accaparement de cette partie de Bargny. Ces propriétaires se disent déterminés à garder cette «seule poche restante de quelque 250 hectares» sur tout le périmètre communal. «Bargny est fatiguée. Tout  a commencé en 1998 avec la Sococim qui a annexé 461 hectares de Bargny sur une zone qui abritait plus de 6000 parcelles destinés à l’habitat. Un programme de relogement sur Sendou avait été programmé et depuis lors rien. Ensuite, il y a  les deux lotissements  Miname 1 et Miname 2 de plus de 1700 parcelles et aujourd’hui c’est la centrale qui est assise.  Le port de Sendou, qui s’étend  sur 800 hectares, a pris aujourd’hui  la moitié des terrains qui ont été donnés aux populations pour y habiter», a-t-il dressé pour décrire l’ampleur de leur souffrance. «Il ne se passe plus une semaine sans que des gens viennent ici pour nous dire que c’est la Dgpu qui leur a donné des terres pour l’implantation d’une usine ou un projet immobilier et nous ne l’accepterons pas. Bargny est en étau entre la mer au sud  et le Pôle urbain au nord sans compter la Sococim, la Centrale à charbon et le Port de Sendou. Il ne nous reste que cet espace», a assuré Bandane Diouf, appelant le Président Macky Sall «à freiner la Dgpu  dans sa politique faite sciemment d’accaparement des terres de Bargny». Momath Pouye a embouché la même trompette.  «Le Président avait dit que rien ne serait plus comme avant et il l’a réitéré récemment à Diamniadio en demandant aux promoteurs de laisser aux populations leurs terres. Aujourd’hui, nous sommes dans cette lancée ; tout ce que nous demandons c’est que l’on nous laisse nos terres», a-t-il laissé entendre avec la conviction que l’Etat va réagir favorablement à leur appel.
Pour autant, ils se disent prêts pour le combat si la situation persiste. «Nous n’accepterons pas qu’on nous prenne nos terres qui représentent notre passé et notre futur. Nous ferons face à tout promoteur qui s’aventurera sur le site, quel qu’en soit le prix», a prévenu Bandane Diouf, sous l’approbation de la centaine de propriétaires venus prendre part à la rencontre.

abndiaye@lquotidien.sn

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