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«Tout le monde était d’accord, acteurs politiques, société civile, qu’il y a eu des manquements dans les dernières élections. Certaine­ment parmi nous, il y en a qui n’avaient pas reçu leur carte d’électeur.» Ces propos sont du président du Cadre de concertation sur le processus électoral (Ccpe). Sans entrer dans les détails du rapport remis au président de la Répu­blique, Seydou Nourou Bâ dit : «Nous avons demandé à chaque pôle de dresser les disfonctionnements qu’il a constatés et d’en proposer des solutions parce que simplement nous voulions aller vers une vision partagée. Le but, c’est d’avoir des élections apaisées, transparentes, crédibles et dans une approche inclusive.» Il intervenait samedi dernier, lors d’un «Panel des jeunes et des femmes sur le dialogue politique au Sénégal» à l’initiative de l’organisation Citoyens actifs pour la justice sociale (Cajust) à la Maison de la presse. Face à de nombreux jeunes, le diplomate à la retraite a précisé que «le dialogue dans le cadre du processus électoral n’est pas le dialogue politique dans son intégralité». «Il faut vraiment que nous soyons d’accord sur les terminologies», exhorte-t-il. De l’avis de M. Ba, la concertation doit être à tous les niveaux, que ce soit dans les familles, entre employeurs et employés, etc.
Djiby Diakhaté, lui, a insisté sur les éléments qui consolident la démocratie. «La démocratie, c’est aussi la parole libérée, mais de façon responsable parce que la liberté ne doit pas signifier non plus le libertinage (…). Dans une société où la parole n’est pas libérée à la fin de chaque élection, au lieu de compter des cartes, on compte des cadavres. Donc, toutes les paroles libérées concourent ou aident à la construction du bien-être des populations», estime le sociologue.
Pour sa part, la journaliste Diatou Cissé est revenue sur la place des médias dans le débat politique. «Tout le monde sait que la presse peut contribuer effectivement à apaiser le débat, le choix des mots, par l’angle d’attaque, par le traitement. Ce qui ne veut pas dire étouffer le débat, mais créer un cadre apaisé où on peut éclairer l’objet du débat», a-t-elle dit. Cependant, l’ancienne secrétaire générale du Synpics n’a pas manqué de soulever les limites de la presse dans le jeu démocratique. «On a de plus en plus la prééminence d’un journalisme de connivence. Ce dernier ne peut pas contribuer à consolider la démocratie (…). En fait, on est sur des choses trop mouvantes, mais en même temps, on est aussi plus conservateur sur certaines choses. On a un énorme problème à diversifier et à renouveler nos sources», regrette Diatou Cissé.
msakine@lequotidien.sn

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