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Des quartiers à Touba continuent, malgré les efforts consentis par le gouvernement dans l’approvisionnement en eau, d’enregistrer des pénuries du liquide précieux. Dans cet entretien, M. Seyni Ndao, directeur général de l’Office des forages ruraux, essaie d’en donner les raisons.

Qu’est-ce qui explique ce manque, pour ne pas dire cette pénurie d’eau cons­­tatée au niveau de certains quartiers de Touba ?
Il y a certains quartiers qui ont quelques problèmes. C’est surtout Ndianatou, Madyana, Sam. On a noté aussi des baisses de pression au niveau des quartiers de Darou Khoudoss, Darou Marnane. Il y a aussi que le lundi passé, un camion a heurté un poteau électrique.

Ce qui s’est répercuté sur la production parce que des forages ont été délestés. Il faut dire que Touba, pendant le Magal, c’est une grande affluence. A priori, on ne connaît pas le nombre de pèlerins qui viennent. Sinon, qui est estimé à près de quatre millions de pèlerins, si on n’y ajoute ceux qui vivent à Touba. Raison pour laquelle, après chaque Magal, il y a une évaluation qui est faite pour voir quels sont les problèmes et difficultés que les gens ont eus. Pour le Magal de 2016, l’évaluation a été faite. Il y a 11 points de faiblesse qui ont été détectés et qui ont été traduits en plan d’actions. Et c’est ce plan que l’Ofor a tenu à exécuter pendant ces deux derniers mois. Un plan qui a été pratiquement exécuté à 100%. Ce qu’on a eu à faire pour parer aux problèmes d’eau qui sont notés pendant chaque Magal, c’était de faire la densification des quartiers qui ceinturent la grande mosquée, parce que c’est là qu’il y a une plus grande affluence, mais également augmenter le réseau au niveau des quartiers périphériques. Il fallait également détecter les fuites, parce que le réseau est vétuste, mal connu. On a pu détecter 190 fuites qui ont été entièrement réparées. Il y avait aussi cinq forages en panne qui ont été réparés plus l’achat de pompes neuves qui ont été montées. Il y avait l’hôpital Matlaboul Fawzény qui n’avait plus d’eau. C’était un grand souci pour les autorités. Le directeur de l’hôpital nous disait que pour la dialyse d’un malade atteint d’insuffisance rénale, il faut 400 litres d’eau. 60 kilomètres d’extension ont été faits. Les groupes électrogènes ont été positionnés. 70 bâches et 100 camions ont été mis à contribution, parce qu’on savait qu’au niveau de certains quartiers, il y aurait des problèmes d’eau. C’est un ensemble de mesures qui ont été prises par l’Etat et cela a coûté 600 millions de francs. Pendant le Magal, il y a une forte affluence. Quand il y a un fort appel, c’est forcément une baisse de la pression. Les branchements ne sont pas faits selon les normes requises. Par rapport à 2016, il y a une nette amélioration. Environ 1 milliard de francs a été dépensé en deux années à Touba et aucune solution pour l’approvisionnement en eau correcte des populations.

Quelle solution durable pour le règlement de cette question vitale ?
Pour régler ce problème, il y a des réflexions en cours. Il s’agit d’un problème structurant, parce qu’aujourd’hui, la capacité de production tourne autour de 90 mille et 99 mille m3 par jour. Ce qui peut couvrir entre 3 à 3,5 millions de personnes. C’est important. Aujourd’hui, Touba dispose de 28 forages, un parc de forages extrêmement important. Pour ce Magal, on a ouvert deux piézomètres qui sont venus s’ajouter à la production de ces 28. C’est pour cette raison que je dis que cette année, on a eu une production supérieure à celle de l’année dernière. Actuellement, le problème de Touba, c’est la nappe qui est salée. On ne peut pas continuer à créer des forages à Touba. Cela va davantage créer des problèmes, même de la qualité de l’eau. C’est la raison pour laquelle ce n’est pas une option. L’option, c’est de procéder au transfert d’eau. On a identifié une nappe où il y a suffisamment d’eau, une eau douce, c’est à Touba Bogo qui n’est pas aussi loin de Touba. Nous estimons que sous peu, avec la volonté de l’Etat qui est nettement affichée et des autorités religieuses de Touba, ce problème sera derrière nous.

Sous peu, c’est quand ?
Je ne peux pas vous donner une date. Il va falloir terminer complètement les études, trouver le financement requis et procéder à la réalisation de ces travaux. Mais l’essentiel, c’est qu’aujourd’hui tout le monde est conscient que c’est le projet qui peut régler définitivement ces problèmes qui sont connus par-ci et par-là pendant le Magal.

Même si les populations ne paient pas l’eau…
(Il coupe). Les populations ne refusent pas de payer l’eau. Quelqu’un qui accepte de payer sa facture d’électricité qui est plus  chère, de recharger son crédit téléphonique, et l’eau étant un produit vital, je ne pense pas que cette  personne dira non, je ne paie pas l’eau. Touba a grandi, jusqu’à devenir la deuxième ville du Sénégal. Je crois qu’avec de la sensibilisation, faire comprendre aux populations que l’eau c’est vital et voilà ce qui peut régler le problème de l’eau à Touba, les populations vont accepter de payer. Je pense qu’elles ne vont pas refuser. C’est l’Etat qui paie la facture d’électricité des forages qui avoisine les 100 millions de francs Cfa par mois. Depuis 2012, c’est presque 8 milliards de nos francs que l’Etat a injectés dans l’eau de Touba.

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