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Alioune Badara Sow, le coordonnateur du Pareco, pense que les quantités énormes de drogue saisies dernièrement montrent que «Dakar n’est plus une zone de transit».

Les dernières importantes saisies de drogue au Port de Dakar constituent une performance de la Douane et un avertissement pour éviter que Dakar ne soit une zone de transit  du trafic international de stupéfiants. Alioune Badara Sow, coordonnateur du Programme régional de réduction des risques Vih/tuberculose et autres comorbidités et promotion des droits humains auprès des consommateurs de drogues injectables (Pareco), n’a manqué de profiter du contexte surtout que l’affaire coïncide avec la Semaine nationale de lutte contre la drogue. Il explique : «Les flux de drogue, le plus souvent nous viennent de l’Amérique latine et de l’Afghanistan plutôt pour la cocaïne pour remonter et retourner en Europe. Mais ce sont les résidus qui restent sur place qui étaient consommés de sorte que nos pays sont devenus des zones de consommation. Les quantités de drogue saisies montrent que Dakar n’est plus une zone de transit.» Ça a aussi un impact sur la propagation du Sida. Selon les statistiques, il existerait, d’après lui, 1 778 500 consommateurs de drogue en Afrique sub-saharienne dont 564 mille seraient déjà infectés du Vih. Alors qu’au Sénégal, «une enquête menée en 2011 avait montré que sur une population de 1324 consommateurs de drogues injectables, les taux de prévalence des hépatites était de l’ordre de 23%, le taux de prévalence du Vih chez les consommateurs de drogues considérées comme des injecteurs est de 9, 4%». A l’échelle de tous les consommateurs, «le taux est de 5,2%. Alors que notre épidémie est de type concentré. Cela veut dire que la prévalence, elle, est faible et stable dans la population générale et tourne autour de 0,5%». Toutefois, précise M. Sow, «cette prévalence est très élevée chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec les hommes, et les travailleuses du sexe où on trouve un taux de 21,5%, 19 ou 18%».
Aujourd’hui, le Sénégal maintient son combat pour l’élimination du Vih à l’horizon 2030. «Nous devons prendre en considération les populations-clés de manière générale mais plus spécifiquement les consommateurs de drogues injectables qui sont laissés en rade dans les réponses que nous menons», dévoile Alioune Badara Sow, qui pense qu’il faut procéder à la restructuration du Code des drogues pour réduire les risques d’infection chez les consommateurs. «Le premier code des drogues date de 1972, le 2e de 1997. Nous sommes en 2019 et on a besoin de faire le toilettage, on a besoin d’adapter ces instruments juridiques en nous basant sur des évidences scientifiques qui nous ont montré qu’il est possible de faire de la réduction des risques», a-t-il recommandé lors de la cérémonie de clôture de la caravane de sensibilisation sur la réduction des risques chez les consommateurs de drogues injectables. Laquelle marque l’étape finale d’une semaine de terrain effectuée dans les localités de Fatick, Ziguinchor et Kaolack faite d’activités de plaidoyer, de rencontres avec les autorités politiques et judiciaires et de visites auprès des Maisons d’arrêt et de correction (Mac).
mfkebe@lequotidien.sn

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