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La 22e conférence internationale sur le Sida a lieu toute la semaine à Amsterdam, aux Pays-Bas. 15 mille participants, des politiciens, des militants, des scientifiques venus du monde entier se réunissent pour faire le point sur la lutte contre l’épidémie. Après l’ouverture en session plénière ce lundi 23 juillet, on rentre dans le vif du sujet ce mardi avec les premières présentations de résultats scientifiques.

La matinée a brassé un large champ : prévention, traitement, guérison. Trois sujets intimement liés. En effet, si les traitements antirétroviraux actuels permettent de contrôler au mieux la maladie, ils ne la détruisent pas. Ils ne permettent pas d’atteindre le but ultime : la rémission. On ne guérit pas du Vih/Sida. Une étude anglaise avait pourtant soulevé un espoir, dont les résultats ont été présentés ce matin. L’idée c’est de combiner antirétroviraux et vaccin expérimental pour évacuer toute trace du virus et donc parvenir à cette fameuse rémission. Malheureusement, les résultats ne sont pas concluants comme avec les méthodes classiques. Un réservoir du virus reste toujours présent dans l’organisme.

La bithérapie comme traitement
Si on ne peut pas guérir, reste donc la prévention et le traitement. La Prep, médicament que l’on prend pour éviter d’être contaminé, continue de prouver son efficacité, comme l’a montré une étude française réalisée dans la communauté homosexuelle. Zéro nouvelle contamination parmi les 1 500 personnes suivies et ayant des rapports non protégés.
Enfin, concernant le traitement, il y a cette étude argentine, Gemini, comme jumeau, puisque là on parle de deux médicaments en bithérapie et non plus de trithérapie. Cela fonctionne aussi bien et a même des avantages, puisque la molécule utilisée provoque moins de résistance du virus que d’autres sur le marché. Mais comme toujours, il faudra encore du temps avant que cette solution ne soit intégrée sur le terrain.

Des besoins importants en financements
La lutte contre l’épidémie a connu des succès incontestables, mais stagne à tel point que les objectifs à court terme, les 90-90-90 (90% des malades dépistés, 90% d’entre eux traités et 90% de ces derniers contrôlant la maladie) fixés pour 2020 ne seront pas atteints. En cause pour beaucoup : une stagnation là aussi des financements internationaux. De nombreuses organisations et Etats sont donc venus réclamer une aide financière à l’image du Burundi. «Au Burundi, nous avons de bons résultats, parce que nous avons quitté une séroprévalence élevée par rapport aux sensibilisations. Nous avons fait un progrès géant. Et pour le moment, nous avons un plan stratégique de lutte contre le Vih-Sida 2018-2023 et qui montre les actions concrètes qu’on va mener pour que, d’ici 2030, on puisse atteindre les indicateurs 90-90-90. Nous sommes ici pour présenter la situation du Burundi, mais aussi apprendre des autres. Et surtout, nous voudrions qu’il y ait une solidarité internationale par rapport à la lutte contre le Vih-Sida. Nous avons besoin encore de plus de financements. Nous avons des gaps programmatiques et financiers au niveau du pays et nous comptons sur la solidarité internationale, mais aussi sur les partenaires techniques et financiers pour appuyer la lutte parce que nous avons déjà fait des progrès et nous comptons continuer. Ce n’est pas le moment de lâcher, mais c’est plutôt le moment d’être solidaires pour qu’on puisse atteindre les objectifs de développement durable», a expliqué à Rfi le ministre burundais de la Santé, Thaddée Ndikumana.

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