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Je ne peux pas dire que je connais bien Sidy Lamine Niass. Je n’ai pas pratiqué l’homme. J’ai eu seulement l’occasion, comme la majeure partie des Sénégalais, de le suivre à travers les médias, notamment à la télé et à la radio du groupe Walfadjri dont il était le Pdg jusqu’à sa mort. Mais l’homme ne laissait pas indifférents ceux qui le suivaient. Il était cultivé au sens large du terme. Il a su allier tradition et modernité, le spirituel et le temporel, la culture sénégalaise, la civilisation arabo-musulmane et l’ouverture à l’Occident.
Même s’il ne faisait pas toujours l’unanimité dans certaines de ses prises de position ou analyses, il proposait plus de solutions qu’il ne créait de problèmes. Il était une sorte de mémoire de son temps, tant du point de vue religieux que du point de vue socioéconomique et politique.
Autant il pouvait dénoncer les dérives des différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays, autant il pouvait les accompagner dans la recherche de solutions à des difficultés ponctuelles au nom de l’intérêt supérieur de la Nation. Sidy Lamine Niass était plus qu’un religieux. Il était un intellectuel au sens plein du terme, c’est-à-dire un homme engagé dans les grands combats de son pays. Il ne s’est pas contenté d’attendre de l’Etat. Il avait pris des initiatives pour construire, pour se construire et forger une personnalité qui lui vaut tous ces hommages posthumes.
Sidy Lamine Niass ne s’est pas contenté de parler seulement. Il a aussi écrit, l’écriture étant l’un des témoignages les plus puissants de l’existence de l’humanité. Les écrits antiques des philosophes grecs et les religions révélées en sont une illustration. Son groupe de presse Walfadjri est un cas d’école dans l’espace médiatique sénégalais. Plus même, Walfadjri est un pont qui a permis à beaucoup de journalistes de se former avant de regagner de nouvelles prairies et ou avant de pouvoir voler de leurs propres ailes. Au regard de tous les combats avant-gardistes qu’il a menés au courant de sa vie, surtout dans le milieu de la presse, l’on est en droit de se demander qu’allait être la presse sénégalaise si elle n’avait pas Sidy Lamine ? Certes, nul n’est indispensable, mais Sidy Lamine Niass était d’une importance capitale surtout en ces périodes préélectorales qui augurent des tensions et des invectives qui pourraient aboutir à une certaine instabilité sociale et politique.
Ses prêches et ses analyses politiques, économiques et sociales avaient la même valeur scientifique. Il s’exprimait à la hauteur de sa vaste culture générale. Il était un grand militant de l’islam et de la paix dans le monde, un grand défenseur des laissés-pour-compte et des opprimés. La vie est un combat et Sidy Lamine Niass était un combattant.
Mes condoléances vont à l’endroit de sa famille, de ses collaborateurs, en particulier de son inamovible Ousmane Sène, et à tout le Peuple sénégalais.
Repose en paix cher Sidy.
Walf est une lumière qui continuera à nous éclairer le chemin, surtout aux heures les plus sombres.
Ngor DIENG – Psychologue conseiller – ngordieng@gmail.com

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