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Nombreux sont les Sénégalais qui ne doutaient point de leur talent. Fallou Dieng, Alioune Mbaye Nder, Wa Flash de Thiès, Assane Mboup, Alioune Kassé, Omar Ndiaye Xosluman, Mada Ba, Amy Mbengue etc. ont fait danser, chanter ou pleurer des mélomanes. Mais nombre de ces artistes ont disparu des radars et leurs chansons effacées des répertoires. Qu’est-ce qui explique cette soudaine disparition ? Le Quotidien a retrouvé certains d’entre eux et leur donne ici la parole.

Fallou Dieng, artiste musicien «Je n’ai pas fait d’efforts pour enregistrer»
«Rien n’a bougé, je suis resté le même Fallou. A un moment donné, c’est moi qui ai décidé de rester dans mon coin, juste pour observer le marché. Je me nomme Fallou. Ce nom, personne ne peut le marabouter. Il faut juste me voir pour savoir que rien de tel ne m’est arrivé. Je rends grâce à Dieu, je suis en pleine forme et je suis bien mentalement. Le fait que depuis 2014 je n’ai pas sorti d’album n’est pas quelque chose que je me suis imposé. J’ai marqué mes empreintes pendant 20 ans sans rupture. J’ai sorti une vingtaine d’albums, ce qu’aucun artiste de ma génération n’a fait. C’est juste un recul. Je n’ai jamais senti ce maraboutage. Je veux que ce soit clair. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. J’ai traversé un moment où c’est moi qui n’ai pas essayé de faire des efforts pour écrire quelque chose parce qu’on n’a plus de marché, car la technologie a changé le monde musical. Ce qui fait qu’aujourd’hui en sortant un album, on est obligé de l’offrir au public gratuitement. Donc, en produire un n’a plus de sens. A l’époque, la technologie n’était pas aussi avancée que cela et on s’en sortait pas mal. Donc, ce que l’on a tendance à faire maintenant pour marquer notre existence, c’est produire un single et faire des soirées live etc. Le marché ne marche plus comme avant. Mais si l’on se tue aujourd’hui, c’est juste pour nos fans. Et pendant cette absence-là, j’étais dans mes occupations. Je suis dans beaucoup de choses. Actuellement, j’anime des émissions sur le net où j’invite des artistes, des centaines de milliers de personnes me regardent à travers la toile. Cela m’a permis de boucler le temps, en attendant que je finalise mes projets. En ce moment, je prépare deux morceaux. Je voulais faire une surprise aux Sénégalais. Et si j’en parle, l’effet de surprise n’aura plus de sens. J’ai un album de 10 titres en acoustique déjà fini, mais je n’arrive pas à le sortir, car à chaque fois que je parle de mon projet, ça n’aboutit pas.»

Yves Niang, artiste musicien «Je suis en train d’enregistrer un album»
«On s’est absenté c’est vrai, mais j’étais en voyage en Europe, et j’ai duré là-bas. Et ce qui m’y a le plus retenu est que ma femme y vit. Mais à part ça, j’avais des programmes. Je jouais en Espagne, des fois j’allais en France, en Allemagne, etc. Et une fois rentré au Sénégal, je me suis mis au travail. Déjà en 2016, j’ai sorti un opus de 22 titres. J’ai organisé un grand évènement à Sorano, mais comme vous le savez, je n’avais pas de promotion. Et avec le voyage, les gens m’ont un peu oublié. Ceux qui doivent nous aider ne le font pas. Je me débrouillais. Pour la promotion de l’album même, je le faisais via Facebook. Après ça, j’ai commencé à faire des vidéos et autres. Ceux qui parlent de maraboutage ou de longue maladie, je leur dis que ceux qui ont été maraboutés sont devenus fous, ou sont morts (rires). Je rends grâce à Dieu. Je n’ai jamais été malade, que Dieu m’en préserve ! Pour mon retour, en ce moment, je suis en train d’enregistrer un album de 6 titres, dont les 5 sont déjà prêts. Il y a un morceau où je chante Ndongo Lô que je dois finaliser. J’ai également chanté Pape Diouf, c’est un ami et nous sommes tous de la banlieue.»

Assane Mboup, artiste musicien «Certains ont du soutien et d’autres pas»
«Mon absence de la scène musicale sénégalaise est dû à la crise dans le monde du showbiz. Actuellement, quand vous sortez un Cd, vous ne pourrez pas le vendre, c’est un peu décourageant. En plus, il y a des normes qui ont changé, il y a des partis pris. Certains artistes ont du soutien, et d’autres non. Ils fonctionnent avec leurs propres moyens. Comme je n’ai pas le soutien de l’Etat, ni celui d’un producteur ou de quiconque, je me débrouille avec mes propres moyens. Et com­me vous le savez, la seule promotion d’un album coûte très cher. Je n’ai reçu de l’argent de personne. Mais je rends grâce à Dieu, car vraiment je vis bien, et je suis en paix. Mais pour la musique, j’avais pris une pause. Et comme je vole de mes propres ailes, ce n’est pas facile. Je suis en train de travailler sur un album et vous aurez bientôt de mes nouvelles.»

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