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Le torchon brûle entre les travailleurs de Twyford, une usine chinoise de fabrication de carreaux, située dans la commune de Sindia, et la direction. Hier, ces employés ont arboré des brassards rouges pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail. Selon Abass Sonko, le porte-parole des 800 employés, «nous avons observé juste un arrêt de travail de deux jours renouvelables pour dénoncer les pratiques immorales qui se passent dans cette usine». Il dénonce le contrat qui les lie à leur employeur. «C’est un contrat de Btp qu’on nous a fait signer. Il n’est pas en conformité avec cette usine qui fabrique des carreaux, alors que notre matière première est la terre. Donc nous devons être dans une convention minière, mais hélas nous avons été mis dans cette catégorie Btp pour mieux nous maltraiter», se désole M. Sonko. Que faire pour dénouer cette crise ? En tout cas, le cahier est noir de doléances. «Les autorités gagneraient à faire le déplacement pour constater ce qui se passe dans cette usine. Lors du Covid-19, l’Etat a signé un décret demandant aux entreprises de ne pas enlever les retenues. Mais ici, on nous a coupé des retenues. Il y aussi beaucoup de travailleurs qui ont un accident de travail et nous n’avons pas de primes de risque ni de primes de transport, alors qu’il y a des gens qui viennent de très loin pour travailler. En plus de cela, nous n’avons pas une bonne alimentation. Les dortoirs ne sont pas adéquats», fulmine le porte-parole du jour.
Egrenant leur chapelet de doléances, ces travailleurs se posent des questions sur leur sécurité physique et sanitaire. «La chaleur au niveau des fours, sans hygiène ni protection, est incroyable. En un mot, nous ne sommes pas en sécurité dans cette usine. Nous lançons un appel solennel à l’endroit de nos autorités pour qu’elles viennent voir ce qui se passe dans cette usine. C‘est inhumain. Nous ne devons pas avoir honte de travailler pour des étrangers, mais de là à sucer notre sang nous ne l’accepterons pas. Ici le Code du travail n’existe pas», clame Abass Sonko.
Par ailleurs, les travailleurs dénoncent les longues heures de travail. «Nous faisons des rotations : la nuit c’est 13h de travail sans pause. Et le jour, c’est 11h de travail sans pause. C’est inadmissible. En plus de cela, il y a les heures supplémentaires, mais à ce niveau, il n’y a pas de différence entre la nuit et le jour, c’est le même taux de rémunération dans cette usine. Il n’y a pas de majoration, même pour les jours fériés. Or la loi nous donne une majoration à 100%. Pour les gens qui travaillent la nuit, ici ces jours sont majorés à 60 ou 40%. C’est anomal», fustige Abdou Sène. Quid du traitement salarial ? «Les salaires, c’est moins de 100 mille francs Cfa dans cette usine qui produit plus de 100 millions par jour. Ici, c’est la Chine dans le Sénégal. Nous avons rencontré la direction des Ressources humaines. Elle nous a clairement signifié que l’usine n’a pas de revenus pour payer des droits. Alors, comment une grande entreprise comme celle-ci, soutenue par la Chine, n’a pas de revenus pour payer des droits ? Et pourtant, cette usine paye des primes d’assiduité qui va dans son intérêt, alors que les primes que la loi impose ne sont pas payées dans cette usine. Nous recevons pour le tout 6 654 francs comme prime. C’est ahurissant», déclare M Sonko.
Face à ces «mauvaises conditions», ces travailleurs observent un arrêt de travail de deux jours renouvelables. «Nous invitons l’Inspection et le ministre du Travail à venir régler au plus vite ce problème avant que le pire ne se produise», suggère le porte-parole.
Interpellée sur la question, la direction de l’entreprise a promis de réagir dans les prochaines heures. Installée dans la commune de Sindia sur un périmètre de 30 ha, l’usine chinoise de fabrication de carreaux, Twyford, a une capacité de production de 55 mille m2 par jour.

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